Abonné

Porc : la PPA en Allemagne fait diverger les cours en Europe

- - 2 min

Le marché du porc européen est en plein remous depuis l’irruption de la peste porcine africaine (PPA) en Allemagne en septembre, qui empêche depuis les abatteurs allemands d’exporter vers la Chine, premier consommateur mondial, a résumé l’économiste de l’Ifip Boris Duflot, lors de l’assemblée générale de la Fédération nationale porcine (FNP) le 11 juin. Le phénomène a pour l’instant fait diverger les prix en Europe au profit des éleveurs espagnols, qui ont toujours accès au marché chinois, et au détriment des Allemands. Par rapport aux cours français, les prix sont devenus supérieurs de 16 ct/kg en Espagne en 2021 (contre +10 ct en 2020) et inférieurs de 20 ct/kg en Allemagne (contre +8 ct en 2020). Le phénomène de report de la production allemande vers la France constitue à ce stade une menace pour le marché français.

Cet évènement intervient dans un contexte favorable depuis 2017 sur les marchés mondiaux, portés par la demande de la Chine, dont la production a été grevée de 30 % par la PPA. Face à la disparition des élevages traditionnels, l’Empire du milieu ne construira pas des « milliers » d’élevages modernes en quelques mois, mais plutôt en quelques années, a expliqué Boris Duflot. Les producteurs français ont également bénéficié d’un regain de la consommation de porc durant les périodes de confinement.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

La France est ainsi parvenue à défier les pronostics en maintenant sa production stable sur l’année 2020. « Les prévisions de difficultés que l’on pouvait faire il y a quelques années pour la production française ne se réalisent pas vraiment », constate l’économiste. Toutefois des « problèmes de compétitivité persistent », et même si la France a « surfé sur une bonne vague, il n’y a pas eu de dynamique d’investissement très forte ». Cette stabilité contraste avec la dynamique de l’Espagne, dont les abattages progressent de 8,6 %, mais aussi avec les difficultés de l’Allemagne, en baisse de 2,6 %.

Des prix inférieurs de 20 ct/kg en Allemagne, supérieurs de 16 ct en Espagne