Après deux ans d’intenses tractations, l’association d’organisations de producteurs (AOP) Porc Grand Ouest a vu le jour le 7 avril. L’objectif : « Renforcer le pouvoir de marché » des éleveurs et accélérer la mutation de la filière grâce aux programmes opérationnels de la Pac.
Réunies en assemblée générale constitutive le 7 avril, dix organisations de producteurs (1) ont créé l’Association d’organisations de producteurs (AOP) Porc Grand Ouest, annonce l’UGPVB (groupements) dans un communiqué le même jour. Après avoir adopté ses statuts et son règlement intérieur, l’assemblée générale de la nouvelle AOP « a décidé de déposer auprès du ministère de l’Agriculture un dossier de demande de reconnaissance de l’AOP, étape indispensable pour lancer les travaux ».
Lancé en 2019, ce projet de longue haleine rassemble près de la moitié de la production française, avec 11,5 millions de porcs commercialisés, indique-t-on à l’UGPVB. Regroupant quelque 2 000 producteurs, l’AOP couvre un large périmètre allant de la Vendée à la région parisienne, en passant par la Normandie et la Bretagne, premier bassin porcin français. Particularité de cette AOP, elle est « portée par les jeunes éleveurs », ce qui en fait « une première en Europe », rappelle le communiqué.
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Accès aux programmes opérationnels de la Pac
« L’AOP Porc Grand Ouest a pour objet de renforcer le pouvoir de marché des éleveurs adhérents aux OP », précise l’UGPVB, cheville ouvrière du regroupement. Autre objectif : « Assurer une réponse aux besoins du marché, aux attentes des consommateurs et des citoyens. »
La prochaine Pac devrait étendre les programmes opérationnels à de nouvelles productions ; l’AOP Grand Ouest compte sur cette source de financement pour mener des « projets structurants, notamment pour la modernisation des élevages ». Interrogé par Agra Presse en janvier, François-Régis Huet, membre du bureau de la FNP (éleveurs de porcs, FNSEA), indiquait que la filière pourrait utiliser ces programmes d’investissement pour « accéder à la montée en gamme » et « répondre aux demandes sociétales et environnementales ». Impossible de ne pas penser à l’arrêt de la castration à vif des porcelets, qui entrera en vigueur début 2022 et est, de fait, l’un des chantiers les plus urgents pour la filière porcine. Toujours selon François-Régis Huet, d’autres projets de regroupement seraient en réflexion dans « les régions à faible densité porcine, en particulier en montagne ».