Pour aller au-delà de la simple mention d’origine, plusieurs organisations bretonnes de la filière porcine veulent présenter aux enseignes de la grande distribution un cahier des charges de « responsabilité sociale, sociétale et environnementale », qui permettrait de récompenser les efforts des producteurs engagés dans des « démarches de progrès ».
En Bretagne, le CRP, qui rassemble les groupements de producteurs (UGPVB), la FRSEA, la Chambre d’agriculture et le Marché du porc breton (MPB), souhaite présenter prochainement un projet de cahier des charges aux représentants de la grande distribution, apprend-on de plusieurs sources proches du dossier, le 22 février. « C’est un cahier des charges qui va tourner autour de la responsabilité sociale et environnementale », explique le président de l’Union des groupements (UGPVB) Michel Bloc’h. Pour l’heure, on sait seulement que ce projet de cahier des charges s’inspire de l’Allemagne, où un fonds alimenté par la distribution est redistribué, depuis la 1er janvier 2015, aux éleveurs qui font des efforts en matière de bien-être animal, au-delà de la réglementation. L’initiative du CRP Bretagne est « tout à fait utile, commente le sociologue de la consommation Gérard Mermet. C’est une source de financement pour les producteurs et une façon pour la grande distribution de se moraliser. Mais cela n’aura de chance d’aboutir que si les producteurs font connaître leur démarche au grand public, afin de créer un vrai rapport de force avec la grande distribution ».
Démarche lancée en 2012
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Ce cahier des charges est à mettre en lien avec la démarche ID2 (indicateurs de développement durable) lancée en 2012 par le CRP de Bretagne, qui visait à quantifier les efforts de « développement durable » sur toute la filière ; en 2012 et 2013, l’organisation avait rencontré une cinquantaine de « parties prenantes », organisations liées à l’activité porcine, élus de collectivités locales, associations de défense de l’environnement, des animaux ou des consommateurs… De ce travail, elle avait dégagé « des enjeux pour la filière porcine », desquels découleront plusieurs indicateurs, en cours de finalisation, explique Émilie Charpentier, chargée de mission au CRP Bretagne.
Ce cahier des charges pourrait faire l’objet d’un nouveau fonds abondé par la grande distribution. Rappelons qu’un fonds financé par la grande distribution et la restauration hors domicile vient d’être validé par l’Autorité de la concurrence ; il s’agit d’un fonds d’urgence et sans démarche de progrès spécifique, porté par l’interprofession (Inaporc), la Fédération nationale porcine (FNP) et la FNSEA, sur le modèle du fonds mis en place en Belgique en septembre dernier. « Il n’y a pas de concurrence entre les deux fonds », explique un proche du dossier. « D’un côté, il y a un fonds structurel, de l’autre un fonds d’urgence qu’il faut mettre en place le plus vite possible ».