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Porc : l’Ifip poursuit son internationalisation avec la Côte d’Ivoire

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La Côte d’Ivoire vient de signer un accord avec l’Institut technique du porc (Ifp) pour qu’il forme les opérateurs de sa filière porcine. Une opération que l’Ifip, déjà présente en Chine, pourrait reconduire dans d’autres pays.

L’Ifip va former pendant trois ans, en distanciel et en présentiel, des éleveurs et des techniciens de chaque maillon de la filière ivoirienne, de la génétique à la transformation de la viande en passant par la nutrition, la conduite d’élevage, les bâtiments, etc. Partenaire de l’opération, l’association des volontaires experts constituée de bénévoles retraités du secteur interviendra également sur place. La signature de la convention s’est déroulée le 1er mars dans le centre international de recherche et d’innovation de l’IFIP, à Romillé non loin de Rennes

Les besoins de la Côte d’Ivoire, pays de presque 30 millions d’habitants, sont importants. « Nous produisons 11 600 tonnes, soit 15 % des besoins de la population", explique Ibrahim Kaba, directeur du seul abattoir du pays, la Société ivoirienne d’abattage et de charcuterie (Sivac), située tout près d’Abidjan. Tout le reste est importé, « principalement de France et d’Espagne ». L’essentiel des 1 500 éleveurs de porcs de Côte d’Ivoire exploitent de tout petits cheptels « de dix à vingt truies. D’ici deux ans, nous visons 25 000 tonnes de production de viande de porc », précise M. Kaba.

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L’Asie dans le viseur

Il y a quelques années, la Côte d’Ivoire s’est rapprochée du groupe coopératif Cooperl pour qu’il l’aide dans sa quête d’autosuffisance alimentaire en viande de porc. Mais le partenariat n’a pas abouti, a rapporté la délégation du ministre. Pour l’Ifip, cette convention ouvre des perspectives à l’international. L’Institut technique du porc dispose depuis quelques années d’une structure ad hoc, Ifip International. Mais ses faits d’armes à l’étranger étaient centrés avant tout sur la Chine, avant que l’épizootie de peste porcine africaine puis le Covid ne ralentissent le travail.

Malgré ses déboires, l’Ifip n’a pas calmé ses ardeurs internationales. « Nous intervenons depuis deux ans au Vietnam, au Laos et au Cambodge, notamment sur des questions de biosécurité, ainsi qu’au Québec pour le classement des animaux. Le Congo et le Cameroun s’intéressent à ce que nous faisons », rapporte Paul Auffray. Et l’Ifip devrait signer prochainement une convention de partenariat avec des États du nord-est de l’Inde. M. Auffay n’écarte pas l’idée qu’à terme, « des partenariats entre instituts techniques du porc en Europe puissent se mettre en place sur des thématiques communes », dit-il. Ces recettes nouvelles conforteraient l’équilibre financier de cette structure dotée d’un budget de 12 millions d’euros dont un peu moins les deux tiers en soutien public.

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