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Analyse et prospective Porc : plus d’un éleveur sur deux était « dans le rouge » en 2003

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D’après une étude du centre de gestion Cogedis, 57% des éleveurs de porc ont dégagé un revenu négatif en 2003. Pourtant, la stabilité de la production européenne et la hausse de la consommation aurait pu laisser espérer mieux. Cogedis évoque le manque d’organisation des vendeurs face à l’aval. La crise s’est poursuivie en 2004 et même les éleveurs les plus performants ont vu fondre leur trésorerie. Le meilleur moyen de résister restant la maîtrise technique, le centre de gestion déconseille l’engraissement à façon. Les perspectives sont plutôt bonnes pour les mois à venir, mais la reprise se fait toujours attendre.

D’après une enquête du centre de gestion finistérien Cogedis, 57% des éleveurs de porcs ont dégagé un revenu négatif en 2003. Ainsi, pour un atelier de 188 truies, les éleveurs ont perdu en moyenne 38120 euros de trésorerie. L’année 2003 a été particulièrement morose sur les marchés, avec un prix de vente moyen de 115,3 euros par 100 kilos pour un coût de production estimé à 131,23 euros par 100 kilos. Pourtant, la stabilité de la production européenne (+0,6%) et la hausse de la production (+1,6%) pouvait laisser espérer mieux. Une morosité que n’explique pas la légère baisse des exportation (-0,2%). D’après Cogedis, « les acheteurs (transformateurs, distributeurs), étant de plus en plus organisés, ont mis la pression et ont ainsi tié les cours vers le bas ». L’autre nouveauté de l’année fut la percée fulgurante des importations espagnoles (+34,7%). Les éleveurs ibériques ont des coûts de productions inférieurs et le centre de gestion conseille « de réagir au sein de la filière » en « maîtrisant davantage les coûts de production ».

Un quart des éleveurs endettés à plus de 100%

La crise, malheureusement, a continué debut 2004. Le prix moyen, de 122,73 euros par kilo au deuxième trimestre, restait inférieur au point d’équilibre. « A ce rythme là, les trésoreries s’essoufflent très rapidement et, sans aides publiques, beaucoup d’élevages auront du mal à faire face à cette situation », observe l’étude. Même les 25 % meilleurs ont dégagé une trésorerie négative de 2900 euros. De l’autre côté, « 24 % des éleveurs sont endettés à plus de 100% et disposent donc plus de capitaux propres. En clair, il ne sont plus propriétaires de leur outil de production », observe Cogedis. Entre les meilleurs et les moins bons, le critère déterminant reste la performance technique. En hausse constante depuis 10 ans, la productivité des éleveurs leur a permis de produire 3 porcs de plus par truie en 10 ans. En 2003, la moyenne était de 22 porcs par truies, et de 24 pour les 25 % d’éleveurs les plus performants. Or, chaque porc supplémentaire permet de diminuer le coût de production de 1,23 euro par 100 kilos de carcasse. L’autre critère de performance est la maîtrise du coût de l’aliment, qui peut être diminué par la fabrication à la ferme mais aussi par un meilleur suivi technique. Cogedis met en garde contre la pratique de l’engraissement à façon, dans des élevages extérieurs. « Des porcheries vétustes et un suivi technique moins bon » seraient responsables d’une baisse de l’indice de consommation, autrement dit, le rapport entre la quantité d’aliment consommée et le gain de poids.

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Les principaux indicateurs sont au vert

Cogedis veut croire à une remonté prochaine des cours, remarquant que « la production nationale est en repli de 3,6% au premier semestre 2004 » et que « la consommation intérieure repart à la hausse ». Quant aux exportations françaises vers les pays tiers, elles ont progressé d’un quart sur les premiers mois 2004. Les principaux indicateurs seraient au vert, sauf que la reprise des cours n’est toujours pas là.