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Porc : plusieurs États membres espèrent des mesures de marché

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En raison des difficultés rencontrées actuellement par l’industrie de la viande porcine de l’UE dues à la hausse des tarifs des intrants et à une baisse des prix, plusieurs États membres demandent à la Commission européenne de mettre en place des mesures exceptionnelles de soutien.

Alors que le secteur de la viande porcine est confronté à une combinaison dangereuse entre la hausse du coût des intrants (aliments pour animaux et énergie) et la baisse des prix, la Belgique soutenue par dix-sept autres États membres (Autriche, Bulgarie, Croatie, Hongrie, République tchèque, Estonie, Finlande, France, Allemagne, Grèce, Hongrie, Lettonie, Luxembourg, Lituanie, Pologne, Roumanie, Slovaquie) a appelé le 11 octobre dans le cadre du Conseil Agriculture, la Commission européenne à activer des mesures exceptionnelles de soutien dans le cadre du règlement sur l’organisation commune des marchés.

Dans sa note, la délégation belge explique qu’en raison de ce contexte particulier, les marges de l’industrie de la viande porcine dans l’UE ont été, au cours de l’année écoulée, les plus faibles de la dernière décennie. Elle précise notamment que les prix européens des carcasses de porc sont actuellement inférieurs de 7,2 % à ceux de l’année dernière, déjà très bas en raison des épidémies régionales de peste porcine africaine et des perturbations de la chaîne d’approvisionnement et de la consommation. En parallèle, elle ajoute que les coûts de production de la viande de porc, notamment le prix des aliments pour animaux, connaissent les niveaux les plus élevés depuis huit ans.

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Un soutien au marché n’est pas justifié, selon la Commission

Conscient de la situation, le commissaire à l’Agriculture Janusz Wojciechowski a indiqué dans un premier temps que « l’intervention sur le marché du porc doit être évaluée avec soin afin d’éviter des effets négatifs inattendus ». Et d'ajouter que « les mesures de marché n’exigent pas seulement des ressources financières importantes du budget de l’UE, elles peuvent aussi être contre-productives et envoyer des signaux erronés au marché ».

Malgré une situation compliquée, il a aussi souligné que la production porcine continue d’augmenter dans certains États membres. En effet, le rapport de la Commission européenne sur les perspectives à court terme pour les marchés agricoles de l’UE en 2021 montre une hausse significative de la production porcine dans les principaux pays producteurs : Espagne (+4,1 % en glissement annuel), Pays-Bas (+9,9 %), Danemark (+10 %), Pologne (+5,7 %) et Italie (+11 %). En Allemagne, la perte du marché chinois en raison de la peste porcine africaine et la baisse des prix qui en résulte ont déjà eu un impact sur la production (-1,2 %). Dans l’ensemble, le rapport indique que la production de viande porcine de l’UE a augmenté de 466 000 t au cours du premier semestre 2021 (+4,1 % en glissement annuel). Dans ces conditions, Janusz Wojciechowski estime qu’à l’heure actuelle ces mesures de soutien de marché ne sont pas justifiées, et qu’au contraire elles « retarderaient l’ajustement nécessaire du marché et prolongeraient la crise ».