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Porc : prix en baisse sur 2018, PPA menaçante

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Sur l’année 2018, le prix moyen du porc est en baisse de 12 % par rapport à l’année précédente sur fond de production mondiale en hausse. La balance commerciale française a passé de nombreux mois dans le négatif avant de redevenir positive en octobre. La peste porcine africaine (PPA) est apparue en Chine, où elle se répand, mais aussi en Belgique, où elle est, pour l’instant contenue dans un petit périmètre à quelques kilomètres de la frontière française, dont elle s’est récemment rapprochée.

Comme prévu, l’année 2018 aura été moins bonne que la précédente, sur fond de production mondiale en hausse, notamment en Chine. Au marché du porc breton (MPB), le prix de base a été en moyenne de 1,196 euro le kilo sur l’année 2018, en baisse de 12,72 % par rapport à 2017 (1,370 euro le kilo), rapporte le cadran de Plérin, dans une note de conjoncture annuelle parue le 2 janvier. L’année 2018 s’est caractérisée par « une production porcine mondiale en hausse dans tous les bassins et notamment en Chine où la récupération de la production a été rapide, générant des prix bas et une importation ralentie », résume le MPB. L’année a aussi été marquée par les conflits commerciaux entre la Chine et les États-Unis, qui ont tiré les prix vers le bas, et l’apparition de la peste porcine africaine (PPA) en Chine, « qui apporte de nouvelles perspectives pour les grands pays exportateurs, à condition qu’eux-mêmes soient préservés ».

Au mois d’octobre, la balance commerciale française est redevenue positive en volumes pour la viande porcine (+2 600 tonnes équivalent carcasse), après avoir passé six mois en négatif, rapporte le ministère de l’Agriculture dans une note de conjoncture parue le 21 décembre. Le solde reste négatif en valeur (-30,60 M€). Les analystes du ministère notent que les exportations (en volumes) « repartent à la hausse vers la Chine » (+25 % par rapport à octobre 2017), mettant en avant que les effets de la PPA dans le pays. En parallèle, les importations progressent « également fortement », notamment auprès de l’Allemagne et de l’Italie (+8 % et +12 %).

La PPA se rapproche de la frontière

En Europe de l’Ouest, la PPA a fait son apparition en Belgique en septembre, à quelques kilomètres de la France. Cantonnée depuis dans un petit périmètre de quelques kilomètres où le nombre de cas s’est multiplié, elle s’est rapprochée de la frontière mi-décembre. Dans son édition du 22 décembre, L’Est républicain rapporte que dix carcasses de sangliers ont été retrouvées le 20 décembre, « côté belge, derrière les clôtures installées, dans la zone dite tampon », à Meix-devant-Virton, proche de la frontière. Quelques jours plus tôt, le 17 décembre, une autre carcasse avait été retrouvée « contre les fils de clôture de cette zone tampon », rapporte le quotidien – ce sanglier a été retrouvé à quelques centaines de mètres de cette clôture, précise la DGAL (ministère de l’Agriculture).

Les derniers cas de PPA en Belgique marquent une dynamique de la maladie en direction de l’ouest

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Ces derniers cas marquent une dynamique de la maladie en direction de l’ouest, vers le territoire français, commente-t-on à la DGAL. En effet, les précédents cas étaient situés au sud de la commune belge d’Etalle, quelques kilomètres à l’est des derniers cas. Pour rappel, deux clôtures ont été mises en place pour limiter l’expansion de la maladie : l’une en territoire belge à quelques kilomètres de la frontière française – c’est auprès de celle-ci qu’ont été retrouvées les dernières carcasses. Pour l’heure, l’ensemble des cas ont été circonscrits à l’intérieur de cette clôture. Et une seconde clôture a été mise en place de manière préventive sur la frontière franco-belge

PPA : la gestion des populations de sangliers comme priorité d’Andriukaitis

Le commissaire européen à la santé Vytenis Andriukaitis a réaffirmé le 19 décembre à Bruxelles, à l’occasion d’une conférence ministérielle organisée sur la question, que la lutte contre la peste porcine africaine et son éradication était une priorité absolue pour l’UE, mettant particulièrement l’accent sur la gestion à long terme des populations de sangliers sauvages. Dans plusieurs régions d’Europe, ces populations se sont développées « de manière incontrôlée, cela joue un rôle important dans la propagation et la persistance de la maladie », a-t-il souligné. Et d’indiquer qu’on ne peut assurer une lutte contre la peste porcine africaine « sans envisager la gestion à long terme des sangliers dans les zones qui ne sont pas encore touchées par la maladie ».

Les ministres et chefs des services vétérinaires des États membres ont assuré dans une déclaration commune adoptée à l’issue de la réunion que cette question « exige le développement d’une stratégie commune » notamment pour la gestion des populations de sangliers avec des objectifs et des mesures spécifiques, des campagnes de communication et de sensibilisation.

Dans ce cadre, les chasseurs ont un rôle clé à jouer, a souligné le commissaire Andriukaitis. La Commission européenne et la Fédération européenne pour la chasse et la conservation (FACE) organiseront un atelier sur cette question le 30 janvier à Dortmund.