Contrairement à l’année dernière, les cours du porc se sont maintenus au-dessus de 1,40 euro le kilo durant les deux mois de vacances estivales. La bonne tenue des prix depuis le printemps, grâce à la demande asiatique, permet à la production porcine française de se maintenir et même de croître légèrement sur le premier semestre.
En Europe, l’été est la période qui voit traditionnellement les cours du porc grimper sous l’effet d’une demande croissante des vacanciers quand la météo le permet. L’année dernière, cette hausse estivale avait été décevante, en raison notamment d’une météo capricieuse en Europe du nord, poussant une partie des producteurs de porcs français à manifester pour réclamer un prix au moins égal à 1,40€/kg. Contrairement à l’été 2015, les deux mois qui viennent de s’achever ont tenu leurs promesses de hausse de prix. Au marché du porc breton (MPB) à Plérin, le cours, qui avait dépassé le 1,45€/kg début juillet, est resté stable durant le mois de juillet et une grande partie du mois d’août, affichant une très légère hausse de 0,04 euro le kilo entre le 7 juillet et le 22 août, pour atteindre 1,465 euro le kilo. Il bouclera même le mois d’août par une hausse de 1,2 cent le kilo entre le 22 et le 29 août, à 1,477€/kg.
Le mérite ne revient pas aux consommateurs européens, mais bien à la demande chinoise, qui aspire depuis le printemps la surproduction du vieux continent – le cycle du porc chinois est actuellement dans une phase de sous-production qui contraint les acheteurs de l’Empire du milieu à importer massivement. Si bien que les exportations françaises de viande porcine ont progressé de près de 9 %, en juin (en glissement annuel), portées par les importantes demandes asiatiques, tandis que les importations se repliaient de 12 %, principalement en provenance d’Espagne et d’Allemagne.
Concurrence accrue des Américains
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L’embellie de l’été ne devrait pas durer longtemps. Après le pic de consommation estival, la demande européenne de porc baisse traditionnellement à partir de la rentrée scolaire, et devrait faire baisser les cours, qui ensuite stagnent généralement tout l’hiver. De plus, le fort courant d’export vers l’Asie donne quelques signes d’affaiblissement, ont expliqué cet été les analystes de Plérin, en raison « d’une forte concurrence américaine sur les marchés exports ».
Quoi qu’il advienne dans les prochaines semaines, la bonne tenue des prix aura permis à la production porcine française de se maintenir, voire même de croître légèrement sur le premier semestre. Depuis début 2016, les abattages de porcins augmentent de 1,1 % en têtes et de 2,1 % en volume, « suite à une augmentation des poids moyens », constate le ministère de l’Agriculture dans une note de conjoncture parue le 29 août. Sur le mois de juillet, les abattages de porcins progressent de 3 % en têtes et en volume, en glissement annuel.