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Porcs : les bâtiments continuent de vieillir, faute d’investissements

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Une étude de la Chambre d’agriculture de Bretagne met en avant le manque d’investissement dans les bâtiments porcins, malgré un léger regain ces cinq dernières années, lié à la mise aux normes de l’atelier truies gestantes. Les bâtiments porcins ont en moyenne plus de 22 ans.

Les bâtiments d’élevage de porcs ont continué de vieillir depuis 2006, met en évidence une récente étude de la Chambre d’agriculture de Bretagne, présentée lors des journées de recherche porcine (JRP), le 2 février. L’étude portait sur un parc de bâtiments de 30 élevages naisseurs-engraisseurs bretons. L’âge moyen des bâtiments d’élevage est de 22,1 ans, constatent les auteurs, et il est supérieur à 20 ans, quels que soient les types de bâtiments : verraterie, truie gestante, maternité, nurserie/post-sevrage, engraissement. La courbe des âges met en évidence l’âge d’or de la production porcine bretonne : 37 % des bâtiments ont été construits au cours de la décennie 1985-1994. « Cette année 1995 marque la mise en place des zones d’excédent structurel et des programmes de résorption associés », retracent les auteurs. « Outre les contraintes environnementales, les oppositions sociétales aux projets de construction ou de modernisation ont aussi fortement freiné le rythme de modernisation et de restructuration des élevages ces dernières années ».

Léger regain depuis cinq ans

L’étude dévoile également un regain de constructions depuis cinq ans, principalement lié à la mise aux normes truies gestantes de janvier 2013. « Ces travaux de mise aux normes ont parfois été accompagnés d’une restructuration des élevages », observent les auteurs. Ainsi les bâtiments de moins de cinq ans représentent 24 % des places de verraterie, 16 % des places de gestantes et maternités, 13 % des places de post-sevrage et 18 % des places d’engraissement. À côté des nouvelles constructions, beaucoup de bâtiments ont été rénovés. Ces travaux datent principalement de plus de 15 ans, relève l’étude, à l’exception des places de gestantes. Celles-ci ont été rénovées pour 68 % d’entre elles il y a moins de cinq ans, en lien avec la mise aux normes. En conclusion, les auteurs estiment que « si les faibles charges d’amortissement permettent de limiter le coût de production du porc en France, cette situation ne saurait perdurer pour conserver à terme la compétitivité de la production ».

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Incohérence des bâtiments

Comme en 2006, l’étude pointe un autre problème majeur des bâtiments porcins bretons : ce que les auteurs appellent « l’incohérence de la chaîne de bâtiments ». Autrement dit, beaucoup d’éleveurs ne disposent pas d’assez de places en sevrage-vente au regard de leurs capacités en nurserie, et recourent au travail à façon pour une partie de leur production. Cette situation s’explique « par le manque d’évolution et de construction alors que dans le même temps l’augmentation de la prolificité générait des besoins de capacités supplémentaires », expliquent les auteurs. Pour répondre à ce problème, le directeur de l’interprofession porcine Didier Delzescaux propose que les normes pour les installations classées pour l’environnement (ICPE) soient révisées au regard des nouvelles performances des éleveurs en matière de prolificité des truies.