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Les nominations Portrait

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 Yves Faure , nouveau président du Critt Agro Paca

Le Centre régional d’innovations et de transferts de technologies (Critt) agroalimentaire de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur s’est donné récemment un nouveau président en la personne d’Yves Faure.

Cet industriel des Alpes de Haute Provence, fabricant de confitures et de spécialités provençales, diversifié dans la mise au point d’ingrédients alimentaires, prend le relais du président fondateur de l’organisme, Jacques Mus, dans un objectif de développement. « Le Centre jouit d’une très belle réputation, d’un grand savoir-faire technologique, d’une équipe technique jeune et motivée et d’une excellente situation financière, mais ces atouts et compétences doivent être mieux utilisés afin de véritablement accélérer le développement de l’industrie agroalimentaire dans la région », souligne-t-il.

Le Critt a soumis à ses financeurs le projet d’un programme pluri-annuel de valorisation de l’industrie agroalimentaire Paca, « AGRO + 2005-2010 », portant sur le transfert de technologies aux entreprises, le développement de l’innovation, la nutrition-santé, la sécurité alimentaire, les biotechnologies et l’environnement. Sont aussi renforcées les actions à mener en faveur des PME et des très petites entreprises, fortes créatrices d’emplois, même si ce volet s’avère le plus coûteux et que ses principales bénéficiaires manquent structurellement de moyens pour contribuer à son financement.

Message est donc passé aux collectivités territoriales et à l’Etat pour qu’ils renforcent leurs financements et investissements dans des structures techniques telles que le Critt, hautement spécialisées et possédant dans leur base de données une grande connaissance de leur tissus économique et des besoins de leurs entreprises. Au yeux d’Yves Faure, le grand plan national, dont le comité de pilotage vient d’être mis en place par le secrétaire d’Etat Nicolas Forissier (voir article par ailleurs), constitue lui aussi un pas dans le bon sens.

Affinité

« L’industrie agroalimentaire est un secteur économique dans lequel il faut investir » fait valoir cet entrepreneur, diplômé d’une école de commerce et docteur en droit, qui a choisi de faire carrière dans ce « métier » par affinité.

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Désormais, il ne compte plus son temps, ni ses mandats au service de sa profession : outre sa nouvelle présidence, il assure la vice-présidence de la Friaa qui y est attachée (Fédération régionale des industries agroalimentaires de Provence-Alpes-Côte d’Azur), et la présidence de la Commission Industrie de la CCI des Alpes de Haute Provence. Il s’implique fortement dans le développement d’un technopole agroalime taire et cosmétique sur les nouvelles zones d’activité de Château-Arnoux et participe au pôle Saveurs et senteurs du Pays de Haute Provence, « cluster » technologique et économique d’environ 70 entreprises des ces secteurs d’activité, regroupées dans cette région.

Un industriel très impliqué dans l’agroalimentaire

Créée en 1986 par le rachat d’un petit fonds de commerce de confitures à Manosque, puis agrandie par l’acquisition de trois conserveries qui l’ont diversifiée dans les spécialités salées (légumes, plats cuisinés, condiments appertisés), Agro’Novae s’est lancée plus récemment dans les ingrédients et la prestation de services. « Le développement incontrôlé des marges arrière a freiné l’essor de notre marque de confitures Les Comtes de Provence dans les grandes surfaces, ce qui a modifié notre façon de voir», explique Yves Faure.

Aujourd’hui, sur les quelque 6 millions d’euros de chiffre d’affaires réalisés par Agro’Novae Développement et Agro’Nova Industrie, les aliments santé (préparations de fruits renfermant des fibres alimentaires par exemple) et autres produits intermédiaires pour les industries alimentaire et pharmaceutique représentent 20 % environ des ventes. L’objectif étant qu’ils en pèsent la moitié d’ici cinq ans. Près de 300 000 euros ont été investis en trois ans dans la recherche et les équipements. L’entreprise en récolte déjà les fruits puisque sa rentabilité opérationnelle s’est améliorée de près de quatre points, confie l’industriel bas-alpin.

Pour traiter des matières premières variées (fruits et légumes, viandes ou céréales), l’unité industrielle d’Agro’ Novae est divisée en autant d’ateliers séparés les uns des autres. Le site, où sont employés 40 personnes dont 12 personnes d’encadrement, prépare sa certification à la nouvelle norme Iso 22 000, et sert d’entreprise « pilote » à l’Afaq pour l’élaboration du référentiel. Au-delà de ces implications, Yves Faure s’est engagé dans une activité de capital-développement, investissant dans des technologies brevetables ou protégeables pour soutenir les créateurs de produits ou de process innovants.