Michel Dantin, député européen PPE, en avait rêvé. Il l’a fait. Pas tout seul, bien sûr, mais il y a beaucoup contribué. Cela fait un an et demi qu’il se bat, au sein de la commission agriculture du Parlement européen, pour renforcer le pouvoir des agriculteurs dans les négociations commerciales. Tout a débuté avec les grandes crises agricoles de 2015 et 2016, notamment du lait. Pendant longtemps, Phil Hogan a fait la sourde oreille. Il a fallu que toute l’Europe s’enflamme pour qu’il soit enfin réceptif et mette en place des outils de gestion de prévention des crises. Puis il a commandé à une « task force » un rapport sur « les possibilités pour améliorer la position des producteurs dans la chaîne d’approvisionnement ». Celle-ci a rendu le 14 novembre 2016 au commissaire à l’agriculture, un rapport cinglant dans lequel on trouve bon nombre de mesures qui ont été retenues dans le compromis du règlement omnibus. Ce rapport prônait notamment une clarification de l’application du droit de la concurrence au secteur agricole et le renforcement de la position des agriculteurs en matière de négociations commerciales. C’est sans doute sur ce sujet que Phil Hogan veut laisser une trace à Bruxelles. Il a poussé le volet agricole du règlement omnibus, alors que dans l’été 2017, on le croyait perdu. En France, il reste à faire concorder la nouvelle donne européenne avec les annonces de l’Élysée : dans la rédaction de leur plan, chaque filière pourra s’emparer des nouveaux outils à sa disposition, des outils dont certains étaient jusqu’alors réservés à certaines filières comme le lait, le sucre… ou les olives.
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