Dans un communiqué du 8 janvier, l’Unifa (producteurs de fertilisants) ne voit pas d’un bon œil la possible suspension de l’application du MACF aux engrais. Dénonçant la position de la France, qui était pourtant « un moteur » du dispositif, elle estime qu’une telle action affecterait grandement l’industrie européenne, spécialement celle d’engrais azotés. La position des producteurs de fertilisants contraste avec celle des commerçants, représentée par l’Afcome, qui s’est réjouie le même jour de cette potentielle suspension, aux côtés de la FNSEA.
L’Unifa craint que le report, voire la suppression, du MACF inciterait au recours massif aux importations, et menacerait donc la souveraineté du continent en engrais. L’organisation ajoute que la remise en cause du dispositif « exacerberait des distorsions de concurrence déjà existantes », rappelant que les industriels ont besoin de stabilité et de visibilité pour réaliser les investissements nécessaires à leur décarbonation. En matière de distorsion de concurrence, l’Unifa pointe le fait que l’industrie européenne évolue « dans un cadre climatique parmi les plus exigeants au monde », car soumise au système d’échange de quotas d’émission (SEQUE).
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De son côté, l’Afcome estime que les avancées réalisées durant la réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE « constituent une étape décisive pour garantir la disponibilité et l’accessibilité des engrais, éléments clés de la sécurité alimentaire nationale et européenne ». Attendant l’adoption définitive de la décision, elle appelle à ce que l’État garantisse « le risque financier de non-adoption de la suspension auprès des importateurs, afin qu’ils puissent engager immédiatement la baisse du coût des engrais ». Si tel est le cas, « les importateurs de l’Afcome sont prêts à s’engager moralement sur les volumes qu’ils importent et ne pas intégrer les coûts du MACF dans leurs facturations pendant cette période d’incertitude ».
KC