Arrivé en Bretagne en juin dernier, le préfet de la région, Patrick Strodza va connaître son baptême du feu ce vendredi 25 juin, réunissant les responsables socioprofessionnels sur le délicat sujet de l’écotaxe. Son précédent poste en Corse l’a sans doute rompu aux situations explosives, mais force est de constater que le climat actuel en Bretagne est loin d’être à la sérénité. L’opposition virulente contre l’écotaxe qui monte depuis quelques semaines dans l’ouest, mais également dans quasiment toute la France, a même réussi à unir dans un front commun agriculteurs, transformateurs et distributeurs. Il va falloir au préfet beaucoup de talent pour déminer ce terrain et ramener un peu de calme. De fait l’écotaxe votée dans le cadre du Grenelle de l’environnement suscite une telle opposition non tant dans son principe qui se veut écologique que dans son impréparation et dans le surcoût qu’elle va générer. Pouvoirs publics et assujettis à la taxe ne sont pas du tout d’accord sur les évaluations de son impact financier. L’écho que rencontre ce refus tient également largement au contexte économique que subit actuellement la Bretagne. L’exaspération atteint des sommets que l’on avait rarement vus en Bretagne, allant jusqu’à des affrontements entre salariés d’une même entreprise, les uns estimant que leurs emplois ont été volés par leurs collègues. L’écotaxe cristallise parfaitement ce malaise pour ne pas dire le désespoir de cette région. Le plan Bretagne qui doit être également précisé ne peut se contenter de mesures homéopathiques mais apporter de réelles perspectives d’avenir pour l’industrie agroalimentaire locale, faute de quoi même les propositions avancées dans le cadre du contrat de filière signé par quasiment tous les intervenants de la chaine agricole et alimentaire se trouveraient discréditées.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.