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Poulet : la filière française prise de vitesse par la consommation

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La consommation de poulet a été très dynamique au cours de l’année 2015, mais la production française n’a pas pu répondre à toute la demande supplémentaire. Si bien que les importations, notamment depuis le Pologne, ont continué d’augmenter.

« Sur l’année 2015, nous avons été en phase de reconquête, mais nous avons été très surpris par le niveau des importations », a conclu le président des industriels de la volaille (FIA), Gilles Huttepain, lors des assemblées générales des interprofessions volailles de chair, le 21 avril. Le constat concerne particulièrement le poulet, principale production de volaille sur le territoire : alors que sa consommation a augmenté de 4 % en 2015, soit +35 000 tonnes, explique le président de l’interprofession poulet, Jean-Yves Ménard, les volumes supplémentaires ont malheureusement été pourvus en grande partie par les importations ; pour 20 000 tonnes par de la production française, certes, mais pour 15 000 tonnes par des importations, surtout polonaises. Gilles Huttepain s’est par ailleurs alarmé des volumes croissants de poulets ukrainiens importés en Europe et vendus « à vil prix ». Résultat : la part de produits importés sur le marché intérieur reste sensiblement la même en 2015 qu’en 2014. Pour répondre à cette demande supplémentaire, il aura manqué 200 000 m2 de bâtiments, selon l’interprofession poulet de chair ; faute de nouveaux bâtiments suffisants, des surfaces ont été grapillées à la filière dinde, qui accuse une baisse de production de 2,9 %, notamment en raison de la forte demande de poulets.

Un mode d’emploi pour reconquérir la RHD

Deux ans après avoir lancé la « reconquête de son marché intérieur », notamment de la restauration hors domicile, la filière française compte tout de même quelques avancées récentes ; les partenariats noués par des opérateurs français avec les fast-foods KFC et McDonalds, en début d’année, ont rapidement suivi les annonces du rapprochement entre LDC et Avril, puis du rachat par Terrena de Doux, en fin d’année dernière.
L’événement et la vraie nouveauté de cette journée aura été la présentation d’une étude sur la valorisation de la « dinde et du poulet en food service », autrement dit en restauration hors domicile (RHD). Un mode d’emploi très complet, proposé par le Centre culinaire contemporain de Rennes à tous les industriels, pour reconquérir le marché de la RHD et diminuer les importations. Parmi les propositions de son directeur Freddy Thiburce : actualiser les techniques culinaires enseignées aux cuisiniers, notamment pour la dinde, disposer d’un répertoire de bonnes pratiques adaptées à chaque « univers de consommation » (gastronomique, bistrot, fast-food…), créer des supports d’informations destinées aux salles de restaurants, identifier les leaders d’opinions, « réseauter » auprès des chefs, créer une école de cuisine « volaille française ». Bref, la filière volailles a encore beaucoup de travail devant elle.

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Des cahiers des charges label rouge plus souples en abattoir

Lors des assemblées générales des interprofessions volailles de chair qui se tenaient le 21 avril à Angers, le président du Synalaf (volailles label rouge) Eric Cachan a annoncé que son organisation avait pris contact avec l’Inao (Institut national des signes de qualité) "pour faire en sorte qu’il y ait plus de souplesse en abattoir". Après s’être longtemps concentrée sur les poulets entiers, la filière volailles label souhaite développer son marché de découpe. Une des voies serait de faire évoluer les cahiers des charges dans les usines. Eric Cachan défend plusieurs changements dont la plus symbolique serait la fin de l’obligation de découpe manuelle assistée. "Nous aurons une réponse dans les mois qui viennent", promet-il.