Le service de statistiques du ministère de l'Agriculture livre un bilan plutôt positif de l'année 2013 pour la filière poulets française qui a su stabiliser des parts de marché en France dans un contexte de hausse de la consommation (+3%).
À CROIRE que la fin du versement des restitutions aux exportations, en juillet 2013, n'aura pas perturbé la production de poulets française. Sur l'ensemble de l'année 2013, les volumes de poulets produits par les éleveurs français ont continué de se redresser (+5% par rapport à 2012), retrouvant même leur niveau de 1999 à 1,146 millions de téc, observe le service Statistiques du ministère de l'Agriculture (Agreste) dans sa note de conjoncture avicole de mars.
Malgré une forte baisse des envois sur la filière exports en fin d'année, « l'activité des producteurs français a été soutenue en 2013, confirme Jean-Yves Ménard, président du Comité interprofessionnel du poulet de chair (CIPC), qui distingue trois facteurs explicatifs : « Une consommation en légère hausse, des importations de poulets et viande de poulet qui ont stagné pour la première fois depuis longtemps et une activité grand export qui est restée soutenue à 165 000 téc ».
La consommation n'en finit plus d'augmenter
En 2013 la consommation de volailles des Français a même atteint son plus haut niveau depuis 40 ans. Cette augmentation est surtout portée par le poulet dont la consommation (poulets et viande de poulet) a augmenté de 38% depuis 2006 et de 3% par rapport à 2012.
Contrairement aux années précédentes, les producteurs français ont profité de cette hausse : « Jusqu'ici le dynamisme de la consommation profitait aux importations de l'Union européenne, en 2013 la part des importations se stabilise », se félicite Pascale Magdeleine, responsable du service économie à l'Itavi. La raison ? « Les distributeurs veulent se réassurer en ayant du poulet français dans leur gamme », analyse prudemment Jean-Yves Ménard.
Coté grand export, l'année 2013 avait commencé par un très bon premier semestre, avant de chuter avec l'arrêt du versement des restitutions à l'exportation en juillet. Sur l'ensemble de l'année, l'export de petits poulets congelés a tout de même progressé de 2% en 2013 par rapport à 2012. Globalement, le solde commercial français du poulet est en hausse en volume sur l'année 2013.
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La chute du grand export inquiète toute la filière
En 2014, tout porte à croire que la consommation de poulets devrait continuer sa progression. « C'est une viande économique qui n'est visée par aucun tabou et qui est aujourd'hui présente sur tous les modes de consommation », analyse Jean-Yves Ménard.
Les 15 millions d'euros d'aides exceptionnelles accordés à la filière grand export par la Commission européenne au titre de l'article 68 de la Politique agricole commune (PAC) devraient permettre aux opérateurs, Doux et Tilly-Sabco, de maintenir leur volume d'activité encore quelques mois. « La filière grand export a besoin de 60 millions d'euros par an, estime Pascale Magdeleine de l'Itavi. 15 millions d'euros, cela va leur permettre de tenir un trimestre. »
Difficile d'évaluer les volumes que produira cette filière en fin d'année. « Je ne veux pas croire que cela tombera à zéro. Il y a un savoir-faire, des compétences, espère Jean-Yves Ménard. Les producteurs vont surement interroger les opérateurs du frais pour savoir s'ils ont des besoins de places ».
La crainte des opérateurs, c'est que la chute du grand export français ne déteigne sur le reste de la filière. « Indirectement cela aura un impact sur notre économie, prédit Olivier Sionneau responsable du pôle amont de LDC. Dans le cas de l'hypothèse la plus noire, l'arrêt complet du grand export, cela entraînerait une sur-offre des accouveurs et des éleveurs, une baisse des prix et un effondrement de l'économie de la filière ».