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Etude Pour 48% des consommateurs, le surcoût de la viande bio est justifié

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La commission bio d'Interbev a souhaité chiffrer la consommation de viande bio en France avec l'aide de l'Ifop du fait d'un manque de données. Globalement, les consommateurs savent pourquoi ils payent plus cher leur viande et acceptent bien ce surcoût.

Pour 48 % des consommateurs, il est « plutôt justifié » que la viande bio soit plus cher que la viande classique. La commission bio d'Interbev, en collaboration avec l'IFOP, a effectivement réalisé une étude en mars 2015 sur la consommation de viande bio en France auprès de 1 044 personnes, dont les résultats ont été rendus publics le 15 avril. « Nous avions plein de “ressentis” sur la consommation mais il nous fallait le chiffrer », explique Célia Pasquetti, animatrice de la commission. Elle précise que l'étude porte principalement sur la viande de bovins, veaux, agneaux et porcs. Ainsi, six Français sur dix ont déjà mangé de la viande bio (59% des consommateurs de viande) durant l'année 2014, un constat positif pour elle. « Nous sommes sur un marché en croissance. Après la crise de la vache folle, le marché progressait de 20% par an. Depuis 2012, il ne croit plus que de 8 à 10%. En 2013, la croissance s'est ralentie encore un peu par manque de disponibilité », explique-t-elle. Certains bovins produits en agriculture bio sont même partis en production conventionnelle du fait de prix soutenus cette année-là. « Nous sommes loin d'être sur un marché mature ! », estime-t-elle. « Le bio est un vrai phénomène de société qui se retrouve même sur la viande. Ce n'est pas une consommation d'extrémiste », continue-t-elle.

Une tendance vouée à se poursuivre

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La consommation de viande bio varie cependant en fonction du pouvoir d'achat : 72% de la catégorie « cadres supérieurs, profession libérales » en consomment pour 13% des ouvriers. C'est la région du Sud-Est de la France, zone à fort pouvoir d'achat et à nombreux sites de ventes directes, qui reste la plus consommatrice de viande bio en France, selon l'étude. Cette viande reste parfois difficile à trouver, ce qui justifie pour certains consommateurs l'absence d'acte d'achat. « Ce n'est pas vrai que la viande bio est réservée aux urbains riches », constate Célia Pasquetti, puisque la consommation en région reste importante, une consommation par des « gens non déconnectés des réalités agricoles ». Elle note par ailleurs que 56% des acheteurs comprennent pourquoi ils payent leurs viandes plus cher (+20 à +30%). Cet écart de prix varie en fonction de l'espèce et est plus fortement marqué dans le porc. Forte mortalité, vie en extérieur, croissance plus lente, alimentation à base de céréales expliquent cette différence entre cet animal et les autres. Au niveau des élevages, les conversions au bio continuent : +5% en bovin allaitant en 2013 par rapport à 2012 et +7% en lait. « En 2014, la tendance devrait se poursuivre, tout comme en 2015 », conclut-elle.