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Filière porcine/Résultats Pour la Cooperl, la fusion avec Arca est la solution la plus raisonnable

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Sur fond de crise en amont de la filière porc, le groupe leader Cooperl voit ses résultats amputés de moitié à 7,5 millions d’euros. Ses dirigeants n’en ressentent que davantage que plus la nécessité de s’allier au numéro 2, coopératif lui aussi, le groupe Arca. Une perspective de fusion qu’ils situent en fait à l’horizon 2009 et qui pèserait quasiment le quart de la production française.

Les dirigeants du leader français du porc, le groupe coopératif Cooperl-Hunaudaye (Lamballe, Côtes d’Armor) ont confirmé, le 6 juin lors d’un point presse, tout l’intérêt qu’ils portent à un rapprochement avec Arca (Pays de la Loire) dont parle tout le landerneau porcin depuis plusieurs mois Cf Agra alimentation n° 2004 du 24.01.08 p.21. Si « la décision finale n’est pas encore prise », le président du groupe coopératif, Guy Dartois a précisé que la solution la plus raisonnable « serait la fusion », mais qu’elle ne pourra pas intervenir avant 2009.

Un élément qui prouve que les deux groupes ont d’ores et déjà étudié tous les scénarii possibles. Le directeur général, Emmanuel Commault précise qu’un regroupement permettrait d’économiser entre 5 et 10 millions d’euros par an. La fusion donnerait naissance au premier groupe français en production porcine avec 6,4 millions de porcs produits par an (3,7 pour Cooperl-Hunaudaye), soit le quart de la production française, et 5 millions transformés.

En attendant, la crise en amont de la filière se poursuit et n’est pas sans conséquences sur l’activité de la coopérative de Lamballe, à la fois groupement de producteurs, fabricant d’aliments, abatteur et découpeur de viande. Si son chiffre d’affaires a progressé à 1,051 milliard d’euros (60 % issu de l’industrie de la viande), les résultats se sont effondrés à 7,5 millions d’euros contre 13,4 millions l’année précédente.

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Pour le groupe, la diminution de sa profitabilité résulte essentiellement de « l’abaissement des marges » au niveau de l’abattage. Les hausses de prix à la production – les cotations fixées au Marché du porc breton restent en dessous du prix de revient – « sont difficilement répercutables au maillon de la salaison » qui absorbe près des deux tiers de la production, selon Emmanuel Commault.

Dans le même temps, le groupe de Lamballe a poursuivi sa politique d’investissements en injectant 29 millions d’euros sur l’ensemble de ses usines. L’essentiel de cette enveloppe s’est porté sur la reconstruction d’une usine dédiée aux produits élaborés située en Isère, qui avait brûlé en 2005, et dans la mise en œuvre de divers équipements pour optimiser l’exploitation des co-produits notamment. 2008 verra le même niveau d’investissements. Cooperl-Hunaudaye emploie près de 2000 personnes.