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Pac/Bilan de santé Pour la FNICGV, la filière veau de boucherie « passe à la trappe »

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Les entreprises de l’industrie et du commerce des viandes s’insurgent, à travers un communiqué de la FNICGV, de voir que le redéploiement des aides annoncé par le ministre de l’Agriculture fait totalement l’impasse sur le secteur du veau de boucherie.

Dans les accords européens conclus le 20 novembre 2008 sur le bilan de santé de la PAC, les ministres européens ont fixé comme première priorité la consolidation des productions structurellement fragiles et essentielles à certains territoires, rappelle la FNICGV. Une liste très fermée de 5 productions structurellement fragiles a été établie en vue de faciliter les décisions nationales ultérieures. Il s’agit du secteur lait, du bœuf, du veau de boucherie, des ovins-caprins et du riz. Or, s’insurgent les entreprises françaises de la viande, une lecture objective des décisions du ministre français de l’Agriculture amène la FNICGV à « constater que le secteur veau de boucherie est passé à la trappe, tous les autres secteurs en difficulté ayant été pris en considération. »

Un rôle de régulateur

La fédération dénonce une décision « arrêtée sans aucune transparence à l’égard des producteurs supportant les risques économiques de ce secteur » et qui « est en opposition totale avec les demandes formulées par la filière veau, du moins ceux qui assument les pertes économiques depuis maintenant 3 ans. Le secteur veau de boucherie joue pourtant un rôle régulateur incontestable entre les filières lait et viandes (900 000 tonnes de poudre de lait et lactosérum au plan communautaire et 6 millions de veaux de 8 jours) ».

« Que propose M. Barnier aux producteurs de veaux de boucherie après 2013 ?, se demande la fédération, de changer de production ? de prendre leur retraite ? On peut parler de mépris de la part du ministre de l’agriculture à l’égard de cette production dont la France est le premier producteur et consommateur mondial. On ne peut à la fois promouvoir l’inscription au patrimoine mondial de la gastronomie nos fleurons et abandonner ceux qui en assurent la production.

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« En 2000, la production ovine avait fait l’objet de mauvaises décisions dans la réforme de la PAC qui viennent d’être corrigées 8 ans après aux prix d’une longue bataille diplomatique. Dans l’intervalle, cette production a diminué de moitié ».

La FNICGV estime que « la même erreur est en train de se reproduire en 2009 pour le secteur veau. Cette erreur ne fait pas que des déçus. En effet, nos concurrents hollandais, belges et italiens voient en cette décision dont ils rêvaient mais à laquelle ils ne croyaient pas, un formidable tremplin pour assaillir le marché français ».