La Fédération nationale des Sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (FNSafer) estime que la résilience de l’agriculture, plus que jamais à l’ordre du jour, nécessite d’étendre la régulation au marché des parts sociales. Lors d’une conférence de presse qui s’est tenue le 28 mai, son président, Emmanuel Hyest, a lancé un cri d’alerte : « Les exploitations d’élevage ne trouvent pas de repreneur, des jeunes se détournent de ces filières. » La régulation actuelle « ne parvient pas à empêcher la course à l’agrandissement des exploitations de grandes cultures, réalisée en partie aux dépens d’exploitations d’élevage », a montré la FNSafer dans sa présentation. Un marché de 1,2 Mrd € échappe à toute régulation.
« Il est urgent de mieux réguler et de soutenir l’élevage, en adaptant la régulation aux nouveaux modes d’accès au foncier, en particulier le marché des parts sociales », souligne la fédération. Cette dernière fait état d'un record du nombre de transactions (94 450, soit + 4 %), des surfaces (424 100 ha, soit + 4,9 %) et des valeurs échangées (5,4 Mrd €) en 2019. Les acquisitions de terres et prés libres par des formes sociétaires ont progressé le plus. Les agriculteurs ont acquis 47 % des surfaces de ce marché en 2019, contre 60 % en 1993. Les acquisitions des non-agriculteurs sont passées de 28 % à 34 % sur la même période.
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La FNSafer signale aussi un record des surfaces de vignes échangées : 18 300 ha (soit + 8,8 %) pour 987 M€ (soit + 17 %). « Les cessions sociétaires s’ancrent toujours plus dans certains bassins viticoles (Bordelais, Bourgogne, Champagne et Cognac) », commente la maison des Safer.
« La régulation actuelle ne parvient pas à empêcher la course à l’agrandissement »