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Étude de l’Ademe Pour le biogaz, utiliser des cultures énergétiques avec modération

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Pour produire du biogaz, il faut, à côté des effluents d’élevage, introduire de la biomasse, mais il est préférable de recourir aux cultures énergétiques avec modération, car ces cultures elles-mêmes sont consommatrices d’énergie. C’est ce que conclut une étude sur « l’analyse du cycle de vie (ACV) du biogaz issu de cultures énergétiques », qui a été publiée en décembre par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

Si la filière du biogaz se développe, comme c’est prévisible, parce que tous les gisements d’énergie sont bons à prendre, il faudra faire attention à consommer des cultures énergétiques dédiées, comme le maïs-ensilage, avec modération. Une étude de l’Ademe publiée en décembre – Analyse du cycle de vie (ACV) du biogaz issu de cultures énergétiques –, montre qu’une filière du biogaz doit à la fois tendre vers l’élimination de déchets (comme les effluents d’élevage), produire de l’énergie et générer une nouvelle source de fertilisants pour les cultures, mais sans tomber dans l’écueil de cultures énergivores.

Risque de dérive à l’allemande

La recherche de gisements d’énergie conduira vraisemblablement à développer une filière du biogaz en France, mais comme les lisiers et fumiers sont faiblement méthanogènes, il faudra y adjoindre, dans les digesteurs de méthanisation, des sources de biomasse riche en carbone. Où trouver ces sources de biomasse ? Dans des cultures comme le maïs-ensilage, le triticale, la betterave sucrière ou fourragère, le sorgho, l’herbe des prairies ou la biomasse des bandes enherbées.
Mais, prévient l’étude de l’Ademe, un risque existe que, sous l’effet de tarifs d’achats incitatifs de l’électricité produite à partir de turbine à biogaz, une compétition s’engage sur les gisements de ces adjuvants qui accroissent le pouvoir méthanogène des lisiers et fumiers, et que devant la hausse des prix de ces matières premières recherchées, les agriculteurs développent massivement ces cultures, comme en Allemagne. L’Ademe, le ministère de l’Agriculture et celui de l’Écologie ne souhaitent pas imiter le modèle allemand. Celui-ci s’est fondé sur un développement de cultures fortement consommatrices d’intrants, comme le maïs-ensilage, au nom de la recherche d’énergie renouvelable. Mais elle ont provoqué, du coup, une importante consommation d’énergie liée à ces intrants.

Recourir aux gisements de biomasse non consommateurs d’énergie

En revanche, l’étude conclut que l’utilisation de la biomasse des bandes enherbées et des cultures intermédiaires ne détériore pas le bilan énergétique, parce que cette biomasse est le co-produit de bonnes pratiques environnementales. En effet, utiliser l’herbe des bandes enherbées (qui servent à limiter le ruissellement des pesticides et fertilisants), et la biomasse des cultures d’hiver (qui servent à piéger les pesticides et fertilisants résiduels) évite d’implanter des cultures énergétiques dédiées.
Dans le souci de monter une filière de biogaz qui conforte les apports de biomasse complémentaire aux lisiers et fumiers, un arrêté s’applique depuis le 1er janvier 2012, qui oblige les gros producteurs de biodéchets et d’huiles usagées (fortement méthanogènes) à « en assurer le tri à la source en vue de leur valorisation organique ».
Ces gros producteurs de biodéchets sont les magasins de grande distribution et les restaurants d’entreprises : « Sont considérées comme des producteurs ou détenteurs d’une quantité importante de biodéchets les personnes qui produisent ou détiennent des quantités de déchets d’huiles alimentaires ou d’autres biodéchets supérieures aux seuils fixés », indique l’article R. 543-225 du décret n° 2011-828 du 11 juillet 2011, du ministère de l’Écologie. L’arrêté du 12 juillet 2011 fixe pour le 1er janvier 2012 le seuil de 120 tonnes par an. Au 1er janvier 2013, le seuil sera ramené à 80 tonnes. Puis à 40 tonnes un an plus tard, puis à 20 tonnes au 1er janvier 2015, et enfin à 10 tonnes à partir du 1er janvier 2016.

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