« L'utilisation du principe de précaution en relation avec les aliments génétiquement modifiés (...) n'est pas appropriée. Toutes les preuves scientifiques relatives aux aliments génétiquement modifiés vont dans le même sens et disent que ces aliments sont aussi sûrs que les aliments conventionnels », estime le commissaire européen en charge de la santé et de la protection des consommateurs, David Byrne. Il s’exprimait en marge d’une conférence sur la perception du risque, les 4 et 5 décembre, organisée à Bruxelles. « Nous devons être très attentifs et nous assurer que les gens n'utilisent pas le principe de précaution comme une espèce de couverture politique, parce qu'une telle application non rigoureuse nuit au principe lui-même», a-t-il ajouté. « Le principe de précaution a sa place. On ne doit pas avoir peur de l'invoquer lorsqu'il est nécessaire. Mais de la même manière, on ne doit pas l'utiliser quand il n'est pas approprié », a-t-il insisté. Il s’exprimait quelques jours avant le vote du Comité permanent de la chaîne alimentaire à propos du maïs Bt 11. Et d’ailleurs, à propos de cet OGM et du principe de précaution, tout le monde n’est pas d’accord avec le commissaire. Aux États membres ayant voté contre l’autorisation, s’ajoutent les Verts européens qui ont estimé que le rejet de la mise sur le marché du Bt 11 était une « victoire pour les consommateurs européens ». Ils estiment, en forme de réponse à David Byrne, que le principe de précaution doit « pleinement s’appliquer dans le cas du Bt 11 ». Mais sans doute n’ont-ils pas compris le commissaire qui soulignait, lors de la conférence sur la perception des risques, qu’il éprouve « beaucoup de mal à placer les risques dans leur contexte, à donner des faits sans paraître pessimiste ou satisfait », lorsqu’il « parle de sécurité alimentaire » ! Reste qu’il est l’un des plus fervents défenseurs de la levée du moratoire, au sein de la Commission.