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Collectif « Sauvons les fruits et légumes » Pour réussir Ecophyto, il ne faut pas exclure complètement les phytos

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Pour réussir Ecophyto 2018, c’est-à-dire réduire le recours aux produits phytosanitaires, il ne faut pas exclure complètement ces derniers. Tel est le message qu’a délivré le 8 mars à l’Assemblée nationale le Collectif « Sauvons les fruits et légumes de France », qui regroupe des maraîchers et des arboriculteurs, à l’invitation du député Jacques Remiller, président du groupe d’études parlementaires sur les fruits et légumes.

Le collectif « Sauvons les fruits et légumes de France » a cherché à sensibiliser les députés, le 8 mars à l’Assemblée nationale, sur le risque d’impasse technique dans la culture des fruits et légumes si la solution chimique aux maladies, fongiques notamment, est complètement éliminée.

Quand les solutions alternatives ne marchent pas
« Pour réussir Ecophyto, c’est-à-dire réduire le recours aux produits phytosanitaires, la boîte à outils des agriculteurs doit être la plus large possible : variétés résistantes aux maladies, recherche génétique, lutte préventive avec notamment les bonnes pratiques (rotation, retournement de terre par travail du sol), solutions alternatives complémentaires. Mais également produits phytosanitaires eux-mêmes », a indiqué Jean-François Proust, animateur de Forum Phyto. Forum Phyto, qui a pour objectif de « faire circuler l’information » sur le thème des impasses techniques, est composé de représentants des filière économique des fruits et légumes (organisations de producteurs), de l’UIPP (Union des industries de la protection des plantes) et de fédérations de coopératives, dont Coop de France.
Pour étayer sa position, le collectif a invité un chercheur de l’Inra d’Avignon, Michel Pitrat, à venir témoigner de la complexité des situations en cultures de fruits et légumes. Celui-ci a rappelé que de nombreuses « stratégies de contrôle » existent pour réduire les maladies, comme la résistance variétale, les stimulateurs de défenses naturelles (SDN), la lutte biologique (grâce à des champignons ou à des insectes antagonistes par exemple), les rotations, les intercultures. Mais ces solutions ne fonctionnent pas toujours. Un exemple a été cité, celui de filets anti-mouches qui retiennent l’humidité et favorisent le mildiou. De même la rotation n’est pas toujours évidente à mener : implanter des légumes peu demandés par le marché, comme les blettes, peut être bon sur le plan agronomique, mais moins sur le plan économique.
Le collectif, qui se défend de vouloir freiner sur les efforts environnementaux, insiste sur la nécessité de « réduire les risques » sur les cultures.

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