L’association Pour une agriculture du vivant (PADV), créée en février, veut faire émerger un nouveau standard autour de l’agroécologie, a-t-elle indiqué le 29 octobre en conférence à l’Ania (industries alimentaires). Elle rassemble notamment les industriels Pasquier, Danone, l’enseigne U, le restaurateur Flunch, le négociant Soufflet.
« D’ici deux ou trois ans, on réunira les acteurs de la transition de l’agriculture pour faire émerger un nouveau standard avec un label », a expliqué le président Jean-Philippe Quérard, souhaitant fédérer les démarches d’agriculture biologique, de conservation des sols, de bien-être animal, de commerce équitable. 100 % des agriculteurs auront basculé en 2050 dans l’agroécologie basée sur les couverts végétaux, le non-travail du sol et l’agroforesterie, d’après lui. « L’agroécologie va s’imposer comme la clé de voûte d’une alimentation saine, durable, équitable », considère-t-il. PADV s’inscrit dans cette transition en tant que plateforme de collaboration destinée à « toutes les filières », « tous les acteurs » autour du socle agronomique des sols vivants. « L’industrie alimentaire doit se mobiliser et participer activement à la démarche », a déclaré le 29 octobre Richard Girardot, président de l’Ania. « La qualité de nos produits dépend aussi de la qualité des sols. » « Parce que nous devons collectivement prendre part à cette transition écologique et alimentaire, l’Ania accompagnera et soutiendra ses adhérents et entreprises dans ce sens. »
Des acteurs tout au long de la chaîne alimentaire
L’association PADV comprend aujourd’hui une organisation de producteurs (Pom’Evasion), des coopératives et négoces (Vignerons de Buzet, Soufflet), des industriels (Pasquier, Danone), des distributeurs et restaurateurs (U, Flunch, Accor), des partenaires du type Bleu Blanc Cœur, des instituts techniques (IAD), également l’association Agroforesterie, Cerfrance. « Aucun acteur n’est capable de faire émerger seul un nouveau modèle alimentaire et de percer le mur de défiance chez les consommateurs », selon Jean-Philippe Quérard.
Troisième voie
Il s’agit d’explorer une troisième voie, différente de l’agriculture conventionnelle ou biologique. « L’agriculture biologique présente l’inconvénient de ne pas assurer la sécurité alimentaire, avec des rendements divisés par deux ou trois », soutient Konrad Schreiber, chef de projet à l’IAD (Institut de l’agriculture durable). Autre point faible commun à l’agriculture conventionnelle, elle laisse des sols nus, responsables notamment de phénomènes d’érosion. La troisième voie défendue par PADV s’apparente à l’agriculture de conservation des sols. Elle concerne 5 % des producteurs mais aussi 30 % qui essayent de s’y mettre, d’après Konrad Schreiber.
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Pour permettre à l’agroécologie de changer d’échelle, PADV se fixe trois missions. L’association vise un développement agronomique : former et accompagner les agriculteurs en transition vers l’agroécologie grâce à l’expertise d’agronomes et aux retours d’expérience des pionniers. Elle ambitionne la création de filières : mettre en relation les acteurs de l’amont et de l’aval. Cela passe également par l’acculturation : participer à la prise de conscience des enjeux de l’agriculture et l’alimentation sur l’environnement, la santé, l’économie.
D’une marque « B to B » à un label consommateur
Dans un premier temps, la démarche s’appuie sur une marque « B to B » (business to business). Un label tourné vers le consommateur est prévu dans un second temps. D’ici là, PADV mène un projet de recherche avec Bleu Blanc Cœur et l’Inra, sur la densité nutritionnelle des aliments. « Notre futur label pourra informer le consommateur sur les caractéristiques du produit issu de l’agroécologie », explique Jean-Philippe Quérard. Et de citer l’utilisation minimum d’intrants, des bénéfices environnementaux (moins d’érosion, plus de biodiversité, stockage du carbone dans le sol, qualité de l’eau…), une juste rémunération du producteur, le respect du bien-être animal.
Objectif 2050 : 100 % des producteurs adeptes des sols vivants