L'université de Montpellier a réussi à développer des bio-emballages qui permettent d'assurer une longue conservation des fruits et légumes et des fromages. Accompagné par plusieurs entreprises à ses débuts, ce programme peine à trouver des partenaires industriels pour valider cette solution par de grandes séries destinées à prouver son efficacité contre le gaspillage des produits frais.
Près de 50 % des produits agricoles récoltés dans le monde sont perdus entre le champ et le point de vente et 5 à 30 % en magasin, représentant une perte de chiffre d'affaires de2,5à8 % pour les grandes surfaces. Une des causes principales de ce gâchis vient de la mauvaise « respirabilité » de la barquette et du film plastique, même micro ou macro-perforé. L'unité de recherche consacrée aux agro-polymères et technologies émergentes (IATE) de l'université de Montpellier vient de terminer un programme, Tailorpack, avec Qualiméditerranée, pôle de compétitivité languedocien, avec la création de bio-emballages qui conservent les produits plus longtemps. Le programme, à l'ambition écologique affirmée, utilise comme matière première des co-produits issus des industries agroalimentaires, notamment des effluents de lavage des moulins à huile ou des eaux résiduelles de laiterie. Le laboratoire les utilise comme substrat de fermentation de bactéries capables de fabriquer des polymères microbiens (PHA). Ces polyhydroxyalcanoates demandent beaucoup d'étapes de fabrication consommatrice d'énergie. L'IATE pallie cet inconvénient en le mélangeant avec de la paille de blé broyée pour environ 30 % du compound. « Nous avons constaté dans ce schéma d'énergie circulaire, que 90 % des pesticides disparaissaient lors duprocess, rendant les emballages parfaitement adaptés au condition-nementd'aliments », souligne Nathalie Gontard, professeure, coordonnatrice du pro-jetEcobiocap (ecobiocap.eu).
Avec des partenaires industriels, des tests en petites séries ont porté sur des fruits et légumes et des fromages fermentés « qui ont donné de bons résultats », précise la chercheuse, en termes de conservation, retard de la maturation, sécurité sanitaire par la faible prolifération des microorganismes et biodégradabilité de l'emballage en composteur. « Par contre, si les distributeurs se sont annoncés comme très intéressés par le projet à ses débuts, nous n'en avons pas trouvé pour valider nos éco emballages sur des très gros volumes ». Cette absence de tests ne permet pas de valider des délais de péremption en conditions réelles. Conséquence, aucun industriel ne s'est manifesté pour produire le compound de PHA et de paille de blé, matière intermédiaire pour produire films et barquettes.
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L'IATE ne baisse pas les bras pour autant et est déjà reparti sur de nouveaux projets. Les chercheurs de Montpellier travaillent sur une étiquette RFID. Son antenne sonde un bio-polymère qui réagit à la fraîcheur de l'aliment. Le brevet vient d'être déposé. L'unité de recherche travaille également avec cinq industriels chinois sur la création de biomatériaux biofertilisants, réalisés avec des biomolécules, produits avec de la bio énergie, utilisables dans différentes régions, saisons et filières dans une démarche zéro waste agriculture.