Abonné

Coop de France Pour une nouvelle adaptation des structures coopératives

- - 4 min

Par la voix de son président Philippe Mangin, Coop de France appelle à une nouvelle phase d’adaptation des coopératives agricoles. Même si le périmètre des sociétés coopératives a recommencé à progresser, atteignant plus de 82 milliards d’euros de chiffre d’affaires, Philippe Mangin estime que l’effort pour atteindre des tailles critiques est loin d’être terminé. Le monde autour des coop françaises est en pleine réorganisation, elles doivent en tenir compte. Et l’Europe, en général, se situe « dans un contexte qui l’oblige à ne pas relâcher ses efforts en matière de productivité ».

Avoir une taille critique ne signifie pas forcément devenir un géant. En témoigne Coopenoix qui, du haut de ses 15 millions d’euros de chiffre d’affaires, est leader du secteur de la noix, exportant 75% de sa production. Mais tous les marchés ne sont pas similaires à celui de la noix de Grenoble. Et la plupart du temps, la course à la compétitivité est aussi celle de la taille. C’est ce qu’a voulu démontrer Philippe Mangin, président de Coop de France, en présentant, le 9 novembre, les travaux du congrès de l’organisation les 15 et 16 novembre. « La recherche de la taille critique est indispensable », insiste-t-il. C’est d’elle que dépend la capacité de trouver des fonds propres, de réaliser de la recherche-développement et surtout de peser sur les marchés. « Le niveau de nos fonds propres est inférieur à celui de du monde non coopératif », regrette Philippe Mangin.

Le périmètre des coopératives s’élargit
L’année 2010, en matière de développement, a été plutôt une bonne année, selon les données révélées par le DG de Coop de France Yves Le Morvan. Après une légère baisse en 2009, le périmètre d’activité des coopératives agricoles françaises a progressé de 5 % en 2010. Le chiffre d’affaires global des coopératives et de leurs filiales est évalué à 82,4 milliards d’euros. Pour autant, estimait Philippe Mangin, la taille critique des coop, sur leurs marchés respectifs, reste souvent encore un objectif. Parmi les quinze premiers groupes coopératifs européens, les Français n’apparaissent qu’en 6° (In Vivo), 10° (Sodiaal), 13°, 14° et 15° place (Terrena, Tereos, Axéréal). A son avis, les Français peuvent et doivent faire mieux. Et de mettre en garde les agriculteurs contre la tentation de s’attaquer à des groupes agroindustriels sous prétexte de leur puissance.
Évoquant le conflit entre les éleveurs et le groupe Bigard dans l’univers de la viande bovine, Philippe Mangin interroge : « Qu’est-ce qui se passerait s’il n’y avait pas le groupe Bigard ? Il ne faut pas se tromper de cible. On peut manifester auprès des industriels pour obtenir des hausses de prix, mais sans arriver à des blocages d’établissements. »

Le retour d’une politique agroalimentaire
Tous les secteurs ne sont pas logés à la même enseigne, cependant. « Dans les grandes cultures, on peut voir venir l’avenir, mais dans les productions animales ce n’est pas le cas ». En porcs et volailles il faut aller plus vite et plus loin dans les regroupements selon lui ; dans l’industrie laitière, la reprise d’Entremont par Sodiaal « n’est pas un aboutissement. Dans ce domaine, les coop vont devoir se parler. » Et de regretter qu’apparemment, Sodiaal risque de ne pas pouvoir avaler Entremont et constituer un tour de table pour garder la majorité de Yoplait. « Les coopératives, dans ce secteur, sont restées trop longtemps dans des stratégies individuelles », regrette le président de Coop de France, constatant « qu’il n’y a pas eu beaucoup de monde pour donner un coup de main à Sodiaal ».
Autant de remarques qui s’adressent aussi aux pouvoirs publics. « On a pris des années de retard en ne faisant pas de l’agroalimentaire une priorité. Il n’y a pas longtemps que les IAA sont revenues dans les préoccupations des pouvoirs publics », affirme Philippe Mangin, datant le retour d’un début de politique des IAA à l’arrivée de Michel Barnier. Bilan : « On est la première puissance exportatrice en agriculture et on n’a pas d’opérateur agroalimentaire de rang mondial. »

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.