Dans la filière cheval, trop de personnes exercent une activité commerciale en tant que « hobby ». Les vrais professionnels s’en plaignent car ils ont du mal à vivre de leur métier, alors que le marché est porteur.
La filière cheval fait face à un besoin urgent de se professionnaliser. C’est le message qu’a voulu faire passer la FNC, Fédération nationale du cheval, association spécialisée de la FNSEA, lors de son assemblée générale du 17 novembre à Paris. En effet, selon l’institut de l’élevage, seulement trois éleveurs sur quatre ont un réel objectif de rentabilité de leur élevage. « Le nombre de metteurs en marché non professionnels au sens strict du terme est considérable. Ils peuvent se permettre de perdre de l’argent en vendant un poulain ou leur cheval parce qu’ils ont un autre métier et parce qu’ils financent avant tout une passion », souligne la Fédération interprofessionnelle du cheval de sport, de loisir et de travail (Fival). « Or tous les chevaux arrivent sur le même marché, dans un contexte que certains qualifient de concurrence déloyale», souligne Marianne Dutoit, secrétaire générale de la FNC. Pourtant l’équitation se porte bien. Le nombre de cavaliers a progressé de 4 % par an depuis 30 ans. Sur cette période, le nombre de naissances a augmenté de 32 % pour les chevaux et surtout de 227 % pour les poneys. Mais les prix de vente des animaux, eux, sont souvent au-dessous du seuil de rentabilité. Une situation paradoxale.
L’espoir d’une plus-value
Il existe en fait deux marchés : un marché spéculatif des chevaux destinés aux concours hippiques, et un marché des équidés destinés aux amateurs. Les éleveurs, qu’ils soient professionnels ou amateurs, ont trop tendance à tout miser sur le premier, espérant une forte plus-value avec l’un des poulains issus de leur élevage, et négligent la formation spécifique des chevaux pour le deuxième qui représente pourtant 80 % du marché. De plus, la FNC déplore qu’« une proportion importante de transactions (ventes, mise en pension ou au travail, …) soient conclue sdans la plus grande opacité », d’où une perte de confiance du consommateur. « Il faut que l’on ait le courage de dire que faire naître des chevaux ne permet pas de s’enrichir. C’est comme jouer aux courses. Il faut aussi avoir le courage de dire qu’il faut former des chevaux pour les deux marchés de façon séparée», a insisté Arnaud Evain, responsable des ventes Fences (ventes aux enchères des chevaux d’élevage et de sport) et du groupe France Elevage.
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Mieux structurer le marché
« Nous devons mieux structurer le marché, maîtriser la production, comme le font d’autres filières agricoles, et initier des démarches collectives pour réduire nos coûts », insiste Marianne Dutoit. Pour elle, la filière doit aussi davantage investir dans la formation et mettre en place des connexions entre les formateurs, les encadrants des établissements équestres et les éleveurs. « Nous nous devons d’informer les jeunes éleveurs de la réalité économique du secteur du cheval », insiste-t-elle. Les références technico-économiques manquaient cruellement jusqu’alors à cette filière. Ce ne sera plus le cas désormais car l’institut de l’élevage a répondu favorablement à la FNC et la Fival pour assurer cette mission.