Comment se fait-il que des données de l’an passé soient aussi considérablement révisées un an plus tard ? Au point de jeter le doute sur les statistiques de revenu agricole comme l’expriment Orama et la FNSEA. A cela les statisticiens répondent que la nouvelle volatilité des cours a créé une très forte sensibilité des prévisions aux révisions de prix. En décembre, moment du compte prévisionnel, tous les prix payés par les agriculteurs ne sont pas définitivement connus sur toute l’année. Il faut donc réviser les données dans les mois qui suivent la publication des comptes prévisionnels. Cela concerne les prix de la production comme des consommations intermédiaires. Ainsi, pour les grandes cultures, 1% de hausse de la valeur de la production entraîne, toute chose égale par ailleurs, 4% de hausse du revenu courant avant impôt (RCAI) ; à l’inverse, 1% de hausse des prix des consommations intermédiaires entraîne une baisse de 2,5% du RCAI des producteurs de grandes cultures. Pour le secteur porcin, l’incidence est bien pus considérable : 1% de hausse de la valeur de la production provoque près de 9% de hausse du RCAI tandis que 1% d’augmentation des prix des consommations intermédiaires provoque une baisse de 7% du revenu.
Mais les statisticiens ne disent pas pourquoi ces révisions ne sont pas toutes annoncées dans les comptes provisoires publiés en juillet de l’année suivante. Et pourquoi il faut attendre la fin de cette année-là pour enregistrer de nouveau une révision. Faudrait-il attendre douze mois pour bien recenser les prix de l’an passé ?
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