Une année 2017 marquée par des « conditions météorologiques atypiques » mais un marché qui profite d’un contexte « de consommation tournée vers les produits naturels, locaux et respectueux de l’environnement ». Ce sont les principaux enseignements de la note de conjoncture publiée par le conseil spécialisé Plantes à parfum, aromatiques et médicinales (PPAM) de FranceAgriMer le 8 mars. Températures élevées, important déficit hydrique, gelées printanières tardives sur la zone méridionale… L’année dernière a en effet été marquée par des conditions climatiques exécrables. Si elles n’ont pas forcément grevé les rendements de la campagne 2017, les effets pourraient se faire sentir cette année.
C’est notamment le cas dans la zone Sud-Est, le principal bassin de production, où la sécheresse crée « de fortes inquiétudes sur les reprises des plantes pérennes » pour le printemps prochain. De même, du fait du manque d’eau, le taux d’arrachage de plantations de lavandins pourrait atteindre « plus de 40 % de la surface du secteur ». Et cela alors que le déficit hydrique a également pesé sur la deuxième coupe « notamment de thym ou d’origan » dont les rendements sont en baisse de 30 à 40 %. Face à cela, « des secteurs nouveaux de production » sont en développement dans la région, ce qui aura un impact sur la prochaine récolte. Le manque d’eau s’est également fait sentir en Auvergne ou les parcelles non irriguées de pensées, de sarriette ou de menthes poivrées ont subi « de nombreuses pertes ». De la même manière, les rendements en Anjou ont été « en deçà des attendus ».
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Toutes filières confondues, le secteur poursuit malgré tout sa progression en termes de surfaces cultivées, avec une demande qui profite d’un engouement sociétal pour les « produits naturels ». Mais les producteurs anticipent des effets négatifs. Sur le marché des huiles essentielles, c’est notamment le cas de la lavande ou les arrachages massifs de ces dernières années font redouter « une tension sur la récolte 2018 ». De même le cours très haut de la sauge sclarée (120 €/Kg) rend cette culture très attractive pour les producteurs « ce qui risque de peser sur l’équilibre du marché qui sera rapidement confronté à des livraisons en forte augmentation ». Les plantes aromatiques fraîches (persil, ciboulette… etc.) profitent quant à elle « de la hausse du marché du surgelé dont les échanges progressent annuellement de 2 % ». Seule inquiétude selon la note : actuellement « les surfaces nationales ne peuvent répondre à la demande ».