On n’a peut-être pas suffisamment pesé les paroles du président de la République prononcées à l’occasion de sa visite sur le Salon de l’agriculture : « Je dis à nos partenaires de l’Europe : vous voulez baisser le budget agricole, on peut en discuter. Mais dans ce cas-là, la France exigera la préférence communautaire et les prix. »
Une première analyse conduit à s’interroger sur le bien-fondé de la posture diplomatique : est-il habile de se mettre d’emblée en situation d’accepter une baisse du budget de la Politique agricole commune quand on sait toute la difficulté d’obtenir un retour à des prix agricoles plus élevés.
L’audace est également grande en ce qui concerne la préférence communautaire. C’est faire fi de l’évolution de ces dernières années qui va vers plus d’ouverture des marchés, en Europe comme ailleurs. Et oublier que si on veut exporter il faut accepter d’importer.
Pour autant, il y a de la logique dans cette posture. D’une part, l’incapacité des membres de l’OMC à s’entendre sur la baisse des droits de douane peut laisser espérer tout au moins de les maintenir, si ce n’est en renforcer certains. D’autre part, il apparaît un courant plutôt pro-régulation en Europe, d’ailleurs initié par la France. Même s’il porte sur des mesures plutôt timides, il doit forcément s’accompagner d’une certaine dose de préférence communautaire.
Il n’empêche, Nicolas Sarkozy a surpris bon nombre de personnes qui pensent qu’il faut surtout faire en sorte de préserver le maximum de budget pour la Pac. Et puis, il a peut-être oublié quelque chose : ce n’est pas parce qu’il y a de la préférence communautaire que cela ne coûte pas cher de maintenir des prix élevés. Trente ans de Pac (1962-1992) ont montré que c’était, au contraire, bien coûteux. C’est pour cela qu’on l’a réformée.
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