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Sofiprotéol/ GDF-Suez Première pierre d’une centrale de cogénération à la biomasse

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Bruno Le Maire a posé le 8 avril, à Grand-Couronne, près de Rouen, la première pierre d’une centrale de cogénération à la biomasse qui sera exploitée par une filiale de GDF-Suez. Cette centrale fournira de la vapeur à deux usines d’oléagineux du groupe Sofiprotéol.

Le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire a posé le 8 avril la première pierre de la centrale de cogénération à la biomasse conçue par Cofely, une filiale de GDF-Suez pour l’huilerie et l’usine de biodiesel du groupe Sofiprotéol, à Grand-Couronne, près de Rouen. Cette centrale de cogénération (production de chaleur et d’électricité) sera alimentée avec des résidus de la sylviculture (rémanents forestiers, entretien bocager) et de bois de récupération (caissettes, broyats de palettes).

La biomasse remplacera 62% du gaz naturel
Cofely, qui s’approvisionnera en bois-énergie dans un rayon maximum de 100 km, a annoncé une économie de 72 000 tonnes d’équivalent CO2. La biomasse se substituera à hauteur de 62% au gaz naturel utilisé jusque là par les deux usines de Sofiprotéol. Les quantités de bois nécessaires seront de 150 000 tonnes annuellement.
La chaleur sera vendue aux deux usines de Sofiprotéol sous forme de vapeur (400 000 tonnes de vapeur par an). L’électricité sera vendue sur le réseau électrique.
Les travaux de cette centrale ont démarré à l’automne 2009, pour une mise en service en mai 2011. « Le mix énergétique (bouquet de diverses sources d’énergie) est notre credo. Il faut intégrer une part toujours plus forte d’énergies renouvelables. La biomasse prendra une place croissante », a commenté Gérard Mestrallet, p. -d. g. de GDF-Suez.

Les biocarburants « continueront à bénéficier du soutien du gouvernement »
Au-delà de ce projet industriel de remplacement du gaz fossile par une ressource renouvelable, se profile l’impératif de l’amélioration des bilans des biocarburants : l’industrie des biocarburants ne peut être crédible que si elle parvient à prouver qu’elle ne fait pratiquement pas ou même pas du tout appel au pétrole pour tourner, et qu’elle engendre nettement moins d’émissions de gaz à effet de serre que les industries de carburants fossiles.
D’où l’insistance du ministre de l’Agriculture, au moment où l’Ademe (1) présentait son étude sur les bilans des biocarburants : le biodiesel de colza « réduit de 60% les émissions de CO2 » par rapport au gazole. « C’est un signe encourageant pour la filière, qui confirme que le choix stratégique (de la politique française des biocarburants) a été le bon », a-t-il déclaré. L’Europe devra remplir l’objectif contraignant de 10% d’énergies renouvelables dans les transports en 2020. « Il ne s’agit pas de rêver à des technologies qui n’existent pas. Les biocarburants sont la seule solution disponible aujourd’hui. Ils continueront à bénéficier du soutien du gouvernement ».
Le ministre a salué la « première initiative de contractualisation entre producteurs de colza et industriels pour faire du diester » qui permettra « de stabiliser les revenus des agriculteurs ». Une procédure « conforme à ce que l’on veut faire dans le cadre de la loi de modernisation de l’agriculture », dont l’examen commencera le 18 mai au Sénat, a-t-il ajouté. Cette contractualisation vise à « rendre les relations entre producteurs et industriels les plus équitables possible », a rappelé Xavier Beulin, président de Sofiprotéol. Ce « caractère exemplaire » de la contractualisation producteurs-industriels, comme l’a exprimé ce dernier, commence à inspirer les dirigeants de Cofely pour la contractualisation entre les sylviculteurs et les industriels.

(1) Ademe : Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie.

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