La société française Global Bioenergies, qui développe un procédé de conversion de ressources renouvelables en hydrocarbures par fermentation, et la société allemande de chimie de spécialité Clariant, ont annoncé le 28 septembre la première production d’isobutène à partir d’hydrolysat de paille de blé à l’échelle d’un pilote industriel. Une étape favorable car Global Bioenergies mettra en service une usine d’isobutène en 2019.
« Nous savons aujourd’hui convertir, à une échelle pré-industrielle, des déchets agricoles en isobutène, notre produit phare », s’est félicité Frédéric Pâques, directeur des opérations de Global Bioenergies. Jusque-là, l’opération était réalisée en laboratoire, mais l’avancée technique, c’est la réussite de la conversion d’hydrolysat de paille de blé en isobutène dans un pilote industriel, ont indiqué Global Bioenergies et Clariant. La société française rappelle que le succès de cette démarche à l’échelle du laboratoire a pu être annoncé dès mars 2015 après une série de tests avec divers sucres non alimentaires.
Une volonté de transformer des matières premières non alimentaires
Global Bioenergies a cherché dès 2014 à diversifier les matières premières utilisables : en clair, recourir à des matières premières non comestibles quand il s’agit de les transformer en carburant. L’innovation réside à la fois dans la capacité de convertir, à une échelle pré-industrielle, des déchets agricoles en isobutène. Et dans le fait que la production d’isobutène ouvre une diversification vers d’autres marchés que celui de l’éthanol.
L’isobutène est un hydrocarbure à haute valeur. Un de ses dérivés, l’isooctane, est un additif pour l’essence : « L’isooctane a un indice d’octane de 100, allié à une tension de vapeur faible, un atout pour les moteurs comme pour l’impact environnemental », a précisé Global Bioenergies.
Pour cette étape de recherche-développement, la paille a été hydrolysée dans l’usine pré-commerciale de Clariant située à Straubing en Allemagne, qui a la capacité de produire ces sucres à grande échelle. Puis ces sucres d’hydrolysat de paille ont ensuite été fermentés en isobutène à Pomacle Bazancourt, le pilote industriel de Global Bioenergies exploité par la société ARD, créé par les coopératives céréalières et betteravières dans les années 1990.
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La possibilité de produire de l’isobutène renouvelable à partir de paille est aussi un élément favorable à l’approvisionnement de la future usine de Global Bioenergies de 50 000 tonnes d’isobutène par an, qui entrera en service en 2019.
La production d’isobutène ouvre une diversification vers d’autres marchés que celui de l’éthanol
Global Bioenergies partenaire dans un projet d’essence bio-sourcée en Suède
Global Bioenergies, Preem (première compagnie pétrolière de Suède), Sekab (entreprise chimique suédoise spécialisée dans les produits à base d’éthanol) et Sveaskog (leader de l’industrie forestière en Suède), ont annoncé le 26 septembre avoir signé un accord en vue de produire un carburant haute performance à partir de ressources forestières. L’accord de collaboration porte sur l’étude conceptuelle de l’implantation d’une première usine en Suède, dans le cadre du « Bio-based gasoline project » (projet d’essence biosourcée) soutenu par l’Agence suédoise de l’énergie. Ce projet coopératif est en partie financé par l’Agence suédoise de l’énergie et se déroulera en 2016 et 2017. Le procédé « isobutène » de Global Bioenergies a été choisi par ses trois partenaires pour transformer les sucres issus du bois en essence à haute performance, selon le communiqué commun. Marc Delcourt, directeur général de Global Bioenergies, a commenté : « En parallèle à notre projet d’usine sur base betterave en France (celle de 50 000 tonnes d’isobutène à horizon 2019), nous plaçons la diversification des matières premières utilisables par notre procédé “isobutène” parmi nos priorités. L’accès à des ressources variées ouvrira de nouvelles perspectives. Le déploiement de notre procédé en aval de l’industrie forestière suédoise en sera un exemple ».