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Bonduelle Première tentative sur le marché des légumes frais de première gamme

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Pour la première fois, un industriel se lance sur le marché des légumes frais de première gamme. Bonduelle, spécialiste du légume en conserve, a annoncé le 8 avril le démarrage d’un test de quatre mois, pendant lesquels il confiera sa marque à quatre organisations de producteurs (OP).

Seront concernés : l’endive, l’asperge, le poireau et le radis. La commercialisation sera faite par les OP. Elles écouleront leurs productions dans une cinquantaine de magasins, principalement en région parisienne, sous la marque Bonduelle, a indiqué Christophe Bonduelle, président du directoire de Bonduelle SA.

Offres segmentées en fonction des cibles

L’industriel percevra des royalties sur ses prestations d’assistance technique et de force de vente. Les quatre légumes seront présentés en barquettes ou sachets sous films, mais non lavés. L’objectif de Bonduelle est de tester auprès des consommateurs ce nouveau créneau sur le marché du frais, et de poursuivre avec d’autres espèces de légumes si l’opération s’avère concluante. « Il s’agit de tester la légitimité de la marque sur le marché du frais et de créer de la valeur, en ciblant les produits pour des usages précis», a expliqué Christophe Bonduelle. Les offres seront segmentées en fonction de plusieurs cibles, selon les goûts des consommateurs et les sommes qu’ils veulent y consacrer : endives, asperges, poireaux et radis proposés à travers des produits différents : quatre produits différents pour l’endive, l’asperge et le poireau; et trois pour le radis.

Les quatre OP sont, pour l’endive, Santerlégumes, dans le Nord. Pour l’asperge, Prim’land, filiale de trois coopératives, dans le Sud-Ouest. Pour le poireau, la Silvacane, en Provence. Pour le radis, la Sopa, dans l’Orléanais et les Landes.

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Les producteurs favorables

Angélique Delahaye, présidente de la Fédération nationale des producteurs de légumes, a commenté cette nouvelle avec un a priori favorable, car cette nouvelle façon de commercialiser peut contribuer à sortir les maraîchers du marasme des ventes. Elle estime toutefois que la santé d’une filière de commercialisation ne mesure qu’au bout de plusieurs années.

Le président de Bonduelle a par ailleurs évoqué les perspectives à l’Est. À commencer par l’Allemagne, où il a mis en service une usine de conditionnement de salades en octobre dernier. Le groupe s’attaque au marché russe et construit actuellement une usine de maïs doux et petits pois, qui devrait entrer en service en juin. L’usine est financée à 35% par la Berd (Banque pour la reconstruction économique des pays de l’ex-bloc soviétique). L’industriel n’a pas trouvé pour le moment d’agriculteurs russes pour produire. Il a décidé de produire lui-même en louant une ferme, en attendant que cette nouvelle production suscite des vocations d’agriculteurs.