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Le numéro un britannique des industries laitières annonce une perte avant impôts de 10,1 millions de livres (12,6 millions d’euros) pour les 12 mois de son exercice arrêté à fin mars, annonce un communiqué. C’est la première fois depuis 15 ans que le groupe plonge dans le rouge. L’an dernier, il avait enregistré un bénéfice de 77,8 millions de livres. Les ventes du groupe sont en progression de seulement 2% à 1 632 millions de livres (2 033 millions d’euros). La contreperformance du groupe est largement imputable à ses déconvenues dans la division lait. Celle-ci a vu ses ventes reculer de 1,9% à 1,07 milliard de livres et son bénéfice net chuter de 62% à 10,2 millions de livres. Ces mauvais résultats traduisent la situation difficile du marché du lait en Grande Bretagne, où les majors se livrent à une concurrence acharnée et à augmentation des coûts de production évaluée à 80 millions. Face à cela, Dairy Crest a dû lancer un vaste programme d’économies, dont des fermetures de sites, et une baisse des prix payés à ses éleveurs fournisseurs. Cela n’a toutefois pas suffi pour préserver ses marges, largement affectées par la pression mise par ses acheteurs de la grande distribution. Dairy Crest a ainsi provisionné 81,7 millions de livres, ce qui a conduit à cette perte historique.
Pas de repreneur identifié pour St Hubert
A la différence de l’activité lait, les deux autres pôles du groupe se sont bien comportés. Ainsi la division fromages a vu son résultat opérationnel progresser de 27% à 35,5 millions de livres avec une forte poussée des ventes de lactosérum, bénéficiant de prix très favorables, et les excellents résultats de son fromage emblématique Cathedral City dont la part de marché atteint désormais 10%. L’activité des « tartinables » est également un motif de satisfaction avec une progression des ventes de StHubert de 6% pour un résultat en hausse de 18,2% à 63,0 millions de livres, bénéficiant de hausses de prix tant sur le marché britannique que français. Le groupe n’a toutefois pas encore trouvé un repreneur pour cette branche qu’il compte céder. « Les négociations pour trouver un repreneur se poursuivent », précise Mark Allen, directeur général du groupe, dans le communiqué. Il se montre également confiant pour l’évolution future de la DairyCrest, estimant que les actions prises pour l’activité laitière porteront leurs fruits et permettront de retrouver le chemin de la rentabilité. L’enjeu est de taille pour Mark Allen, car la société est la dernière société britannique cotée encore sous pavillon national, alors que Robert Wiseman a été racheté par l’allemand Theo Muller et que la coopérative danoise Arla vient de prendre de mettre la main sur la coopérative MilkLink. Les analystes boursiers britanniques ont toutefois accueilli favorablement la publication de ses résultats, malgré l’environnement défavorable de l’économie laitière. Ils restent pour la plupart sur la recommandation « à conserver », certains préconisant même une position « d’achat ».
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