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Porc Près de 200 producteurs manifestent pour des restitutions

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La manifestation porcine du 22 mai à Plérin, siège du marché au cadran du porc, a réuni près de 200 éleveurs. Mobilisée par la FNP, elle visait à réclamer à l’Europe la réactivation des restitutions à l’exportation, et aux pouvoirs publics de se substituer aux organismes privés de garantie des ventes hors de France.

Jamais la situation n’a semblé aussi difficile pour les éleveurs, en proie en 2007 à un cours bas, puis à une explosion des charges alimentaires en 2008. Des charges qui ont annulé le fait que le prix moyen du Marché du porc breton (MPB) en 2008 (1,264 euro du kilo vif hors primes de qualité de 13 centimes) est le deuxième meilleur prix annuel du MPB depuis dix ans.

Résultat, un prix du cochon payé inférieur de 12 euros du coût de revient et des pertes qui s’additionnent : 120 000 euros en deux ans, selon Jean-Jacques Riou, président du Marché du porc breton (MPB) qui tenait une conférence de presse, le 22 avril à Plérin dans les Côtes d’Armor. Jean-Jacques Riou annonce que les situations de dépôt de bilan se multiplient. La manifestation de près de 200 éleveurs bretons était le signe manifeste de cette inquiétude.

Consommation soutenue puis en recul

Fin 2008, les indicateurs ont semblé peu à peu repasser au vert. Le coût alimentaire est revenu à un niveau normal (200 euros/tonne contre 270 il y a quelques mois) ; la production européenne de porcs a baissé de 1,3 % en 2008 à 254,5 millions de têtes et ce recul devrait s’amplifier en 2009, selon le MPB. Enfin, la consommation de viande de porc en France est soutenue en ce début 2009.

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Mais, alors qu’une simple variation de volume suffisait à faire fortement progresser le prix, rien n’a bougé et le prix de base du porc se situait lundi 20 avril à 1,20 euro, tout juste au niveau du coût de revient (avec les primes « qualité »). La crise économique mondiale a tout chamboulé. La demande mondiale a reculé et la bataille fait rage entre les grands bassins mondiaux pour placer leurs cochons.

« Les prix risquent de rester bas tant que la crise économique mondiale persistera », a précisé Jean-Pierre Joly, directeur du MPB. Face à un collège d’acheteurs (8 abatteurs dont 4 font 80 % de l’activité), le MPB envisage de proposer de modifier les règles de fonctionnement du Marché, notamment en limitant les demandes de baisse. Des groupements de producteurs se demandent aussi s’il ne serait pas judicieux de refuser la vente de lots de cochons s’ils jugent que la proposition de prix est insuffisante.