Comment inspirer un climat de confiance avec les consommateurs ? L'interprofession des fruits et légumes frais (Interfel) et l'agence qui s'occupe des effets sur la santé des fruits et légumes (Aprifel) ont organisé une journée dédiée à la question, le 22 octobre. Il apparaît que le niveau de confiance est plutôt bon envers les fruits et légumes frais mais aussi des agriculteurs qui les cultivent.
Les fruits et légumes frais sont en tête des produits alimentaires dans lesquelles les Français ont le plus confiance : 92 % des personnes interrogées pour les fruits et 90 % pour les légumes. « Dans toutes les catégories de population, du cadre à l'ouvrier, il y a une stricte égalité de confiance pour les fruits et légumes. La conviction de la qualité nutritionnelle des fruits et légumes reste également très présente », commente Emmanuel Rivière de l'institut de sondage TNS Sofres lors d'une journée organisée par Interfel et Aprifel à Paris le 22 octobre.
Contrairement aux idées reçues, les agriculteurs ont la cote car « la proximité s'impose comme le principal garant de la qualité », indique l'étude : 9 Français sur 10 ont donc confiance dans les exploitants agricoles pour garantir la qualité des produits a priori, 83 % ont confiance envers les primeurs sur les marchés et 75 % dans les commerces de proximité. A contrario, les grossistes et la grande distribution n'inspirent pas confiance pour 55 % et 59 % des Français.
Néanmoins, une majorité de consommateurs se dit insatisfaite concernant les informations sur la traçabilité (58%), de la saisonnalité des produits (59%) ou de garanties en termes de sécurité sanitaire (59%). « Nous devons faire face à une très forte demande d'informations, surtout au niveau des pesticides », ajoute Emmanuel Rivière. En effet, l'utilisation de produits phytosanitaires revient à 78 % dans les questionnements des personnes interrogées, l'absence d'OGM à 70 % et le mode de production à 66 %. À ces interrogations posées par les consommateurs, Bernard Che-vassus-au-Louis, inspecteur général de l'agriculture, répond qu'il faut « cultiver le capital de confiance des consommateurs avec des initiatives. » Et pour ce faire, il faudrait sûrement insister sur l'origine des produits car un tiers des Français interrogés déclare que c'est un facteur « majeur » de la confiance, suivi par l'aspect du produit (20%), son mode de culture (16%) et la réduction des intrants chimiques (15%).
Sécurité sanitaire
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La confiance des consommateurs résident aussi dans la sécurité sanitaire des aliments. Patrick Dehaumont de la Direction générale de l'alimentation (DGAL) explique que les contrôles « ne sont pas là pour rassurer ou faire peur » lors d'une table ronde organisée par Interfel et Aprifel. « Ils apportent aux citoyens de la sécurité », ajoute-t-il.
Arnauld Maillé de la direction générale de la concurrence (DGCCRF) enchaîne sur la définition de l'OCM unique pour les fruits et légumes frais : « Ils ne peuvent être commercialisés que s'ils sont de qualité saine, loyale et marchande ». Dans ce sens, la DGCCRF pratique des contrôles réguliers, chaque année et a un bureau spécialement dédié à ce secteur au sein de l'institution.
Concernant les pesticides, il apparaît que « c'est un sujet scientifique extraordinairement complexe à traiter », selon Marc Mortureux, le directeur général de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES). « La préoccupation au niveau des produits phyto ne cesse de monter. Il faut montrer notre capacité en matière d'alerte et de vigilance. Nous devons être transparents et développer une méthodologie au niveau de la recherche », conclut-il.