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Agroéquipement Préserver l’environnement, une préoccupation plutôt européenne

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La préservation de l’environnement est un critère pris en compte dans la fabrication des agroéquipements en Europe sous la pression de Bruxelles. Peu demandées à l’étranger, il y a fort à parier pourtant que les technologies qui y sont liées s’arrachent bientôt au niveau international. Si elles évoluent rapidement, bon nombre de constructeurs espèrent qu’« elles resteront aux mains de ceux qui les ont créées ».

«Le facteur environnement est comme un facteur économique, c’est un aiguillon de progrès », déclare Sylvie Lang, responsable marketing du groupe Kuhn lors d’une conférence organisée par l’Association française des journalistes agricoles (AFJA), le 23 février. Malgré ce constat positif, elle ne cache pas que seule l’Europe utilise cet aiguillon pour l’instant. « L’Europe est un îlot », reconnaît également Antoine Brissart, responsable produit formation chez Fendt. Si les constructeurs ne sont pas directement mis en cause lors de nouvelles réglementations environnementales, ils doivent s’adapter à celles imposées à leurs clients, les agriculteurs. « Les normes n’ont que peu d’impact sur la conception du matériel », explique Sylvie Lang avant de citer une exception, celle de la directive nitrate. Conservation des sols, diminution des zones de recouvrement lors du traitement des cultures, préservation du gibier, moindre production de gaz à effet de serre, assistance au rinçage des pulvérisateurs… les exemples d’adaptation aux contraintes environnementales sont nombreux. « À nous de concevoir plus léger, mais tout aussi efficace ! », s’exclame Sylvie Lang avec enthousiaste. Par contre, elle reconnaît que « le cycle de vie des machines nous interroge un peu. La nature des constituants, le recyclage des matériaux... »

Se rapprocher des attentes des utilisateurs

Nicolas Charluteau, responsable marketing chez Case IH, et Antoine Brissart ont, eux, cité des exemples concrets d’avancées techniques liées à leur entreprise. Pour eux, à l’image de Sylvie Lang, ces contraintes environnementales « sont une chance car nous allons maximiser nos performances ». Jean-Marie Lefort, vice-président de la Fédération nationale des entrepreneurs des territoires (FNET), vient tempérer tant d’optimisme : « En tant qu’utilisateurs, on ne nous a jamais demandé notre avis devant toutes ces modifications. Ces nouvelles technologies vont soi-disant nous coûter moins cher. Je ne suis pas d’accord. » Il prend l’exemple de l’Adblue, liquide utilisé pour traiter les gaz d’échappement et limiter les oxydes d’azote. « Les contraintes de stockage, de livraison, le coût du produit en lui-même ne nous feront pas faire des économies », avance-t-il. Pour lui, avant de se lancer dans une course à la technologie, standardiser les agroéquipements, notamment ceux utilisant le guidage par GPS, est une évidence, comme le fait d’être formé à l’utilisation de son tracteur ou d’améliorer sa conduite. « Une conduite économique sur route, c’est de 10 %à 15 % d’économie de carburant », relève-t-il, sans parler « des boîtes de vitesses épargnées, des pneumatiques préservés… ». Un matériel plus flexible s’adaptant à tout type de sol par exemple serait aussi une entrée intéressante, d’après lui. En effet, « il nous faut près d’un an d’utilisation pour savoir si l’on a fait une boulette ou pas dans notre achat », relève-t-il. Une durée plutôt longue, surtout lorsque l’on connaît le prix du matériel.

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