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Rentrée syndicale Présidentielle : la FNSEA envisage une plateforme de revendications

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A neuf mois de l’échéance présidentielle, la FNSEA entend présenter aux différents candidats une « plateforme de revendications » syndicales. L’idée défendue par Xavier Beulin, le président de la FNSEA, est d’identifier quelques sujets clés. C’est sans surprise que la compétitivité se trouve « en haut de la pile », pour celui qui veut redonner à l’agriculture française sa pole position. Mais il y a d’autres pistes. La FNSEA souhaite aussi faire « un bilan chiffré de la sécheresse d’ici la fin de l’année ». Au sujet de la Pac et du verdissement des aides, le leader de la FNSEA explique que « c’est la Pac qu’on doit verdir et pas l’agriculture française ! ». Une nuance de taille dans le débat qui s’annonce.

Interpeller les différents candidats à la présidentielle sur les sujets clés du secteur agricole. Rien d’exceptionnel pour un syndicat agricole. La FNSEA entend aller plus loin en présentant une « plateforme de revendications syndicales » commune à tout le monde majoritaire de l’agriculture représenté au sein du CAF (Conseil de l’agriculture française). Cette démarche qui n’est pas sans rappeler le pacte écologique de Nicolas Hulot de 2007, vise à rassembler déjà le monde agricole majoritaire. Voire les syndicats minoritaires. Xavier Beulin, le président de la FNSEA ne l’exclut pas.
La défense de la TVA sociale dans le but de trouver d’autres moyens de financer la protection sociale. La problématique du regroupement d’exploitations en élevage sur des territoires sensibles d’un point de vue environnemental... Autant de sujets qui devraient figurer dans la plateforme finalisée le 15 novembre, a expliqué Xavier Beulin dans sa conférence de presse de rentrée. Et c’est sans surprise que la compétitivité se trouve « en haut de la pile », pour celui qui veut redonner à l’agriculture française sa pole position. Cette période préélectorale, coutumière de la surenchère politique, ne doit pas aboutir à ce que « les promesses se transforment finalement en non engagement », a prévenu Xavier Beulin. « Je ne souhaite pas me retrouver dans une situation où je suis moins syndical que le ministre de l’Agriculture ! », a lancé le leader de la FNSEA. « Je veux être objectif et loyal », a ajouté le responsable syndical. Bruno Le Maire avait dit lors d’un déplacement : « J’apporterai des millions aux producteurs de fruits et légumes », explique-t-il. Au final « on a obtenu 25 millions d’euros. Le compte n’y est pas et je peux comprendre la déception des producteurs », a ajouté Xavier Beulin.

Des filières « immatures »

Pour autant, celui-ci renvoie chaque maillon des filières à ses responsabilités. Il dénonce « l’immaturité des relations au sein des filières » et estime qu’il faut « régénérer les interprofessions ». Sur la contractualisation aussi, Xavier Beulin, pense que les esprits n’y sont pas encore préparés. « D’autant qu’on ne va pas jusqu’au bout de la filière (avec la grande distribution : NDLR) », explique Xavier Beulin. « C’est un changement majeur de paradigme », a-t-il ajouté en citant en exemple la filière ovine. Le leader syndical souhaite également faire le bilan de la sécheresse pour la fin de l’année. En clair, il s’agit de faire la part des choses entre le niveau de l’intervention de l’Etat et ce que la sécheresse lui coûtera réellement. N’oublions pas que les taxes payées par les transporteurs rentrent dans les poches de l’Etat. Xavier Beulin s’avoue aussi « surpris » que l’on considère « que la sécheresse est aujourd’hui un mauvais souvenir ». « Les besoins sont bien réels et il y a une grosse attente sur le terrain ». Au sujet de la procédure des calamités agricoles, il estime que les estimations faites à ce jour évaluent le besoin à « 350 000 euros contre 700 000 euros » il y a quelques semaines. Cette diminution résulte « d’une résorption d’une partie du déficit fourrager », a-t-il expliqué. Certains éleveurs n’auront peut-être plus l’acompte qu’ils attendaient au 15 septembre. Autant de mécontents potentiels.
Au sujet de la Pac et du verdissement des aides, le leader de la FNSEA explique que « c’est la Pac qu’on doit verdir et pas l’agriculture française ! ». « Nous nous battrons contre toute nouvelle subsidiarité des Etats », a-t-il conclu.

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