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Fruits et légumes, vins Pressions pour de nouvelles dispositions de gestion des crises

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Soutenue par la France, la Grèce, l’Espagne, la Pologne, le Portugal, la Hongrie et Chypre, l’Italie est revenue, le 19 septembre à Bruxelles, lors du Conseil agricole de l’UE, sur les situations graves que ses producteurs de fruits et légumes et de vin ont connues ces derniers mois. Elle a notamment demandé à la Commission européenne de traduire sans tarder en propositions concrètes sa communication sur la gestion des crises dont les Vingt-cinq avaient débattu en mai dernier.

«Au cours des derniers mois, on a assisté en Italie, sur les marchés du vin et des fruits et légumes (en particulier les pêches, les tomates destinées à la transformation et le raisin de table), à quelques très graves crises, qui ont (...) provoqué des manifestations de protestation d’une grande intensité », rappelle l’Italie dans une note au Conseil. « Ces évènements confirment une fois de plus qu’il faut disposer, dans le secteur agricole, d’instruments adéquats pour faire face aux situations de crise », ajoute-t-elle, et, dans ce contexte, il est « essentiel » que la Commission présente « dans les meilleurs délais » des propositions de règlements dans la ligne de sa communication de mars 2005.

L’Italie demande aussi « d’élargir l’éventail » des instruments disponibles dans les organisations communes des marchés du vin et des fruits et légumes. Il faut, selon elle, « rendre plus rapide et plus souple le recours à des mesures extraordinaires de retrait, à des programmes de reconversion, à des mesures d’abandon de la production, à des campagnes de promotion exceptionnelles, mais aussi permettre aux États membres de destiner de tels produits aux indigents ». Quant aux importations en provenance de pays tiers, « il est essentiel que l’Union leur consacre une plus grande attention ».

« Dans l’immédiat », Rome demande à la Commission « de prévoir une augmentation des quantités autorisées à des fins de distillation de crise et d’inclure les fruits et légumes dans le programme d’actions en faveur des indigents ».

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La Commission reste prudente

Appuyant la démarche italienne, l’Espagne a estimé que la Commission devait présenter des propositions le plus rapidement possible. La Hongrie a insisté sur la question de la distillation de crise des vins de table. La Pologne a souligné que les crises pouvaient frapper des produits qui ne sont même pas couverts par l’OCM, les fruits rouges notamment. La Grèce a relevé les graves problèmes enregistrés dans les secteurs des pêches et des tomates à cause de l’augmentation des importations de produits en conserve en provenance des pays tiers. En réponse, Mariann Fischer Boel, très prudente, a rappelé qu’elle n’envisageait pas d’étendre à d’autres productions, en cas de crise, le filet de sécurité existant pour la viande bovine et que, selon elle, une approche au cas par cas s’avérait plus adaptée. La commissaire à l’agriculture a aussi confirmé qu’elle ne présenterait qu’au cours du second semestre de 2006 des propositions législatives pour les secteurs des fruits et légumes frais et transformés, insistant sur la nécessité d’orienter plus ceux-ci sur le marché. Quant aux opérations de distribution aux personnes démunies, elles existent déjà, a-t-elle ajouté.

Pour le vin, Mme Fischer Boel a rappelé que le comité de gestion avait donné le 6 septembre dernier son feu vert pour l’ouverture d’une distillation de crise de 2 millions d’hl en Italie. Elle a aussi souligné que les États membres ont la possibilité d’utiliser un régime spécifique d’arrachage permanent des vignes, précisant que le futur projet d’adaptation de l’OCM du vin devrait prévoir des incitations supplémentaires en la matière.