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Prix agricoles et alimentaires Pressions pour plus de transparence

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La Pologne a tenu, lors du Conseil agricole de l’UE le 25 avril à Bruxelles, à soulever de nouveau avec insistance le problème de la disparité entre les prix à la production et les prix à la consommation. Plaidant pour des initiatives communautaires, elle a été soutenue par la Grèce, la Lituanie, l’Irlande, l’Italie, le Luxembourg, la France, l’Estonie, la Bulgarie et la Hongrie. Mariann Fischer Boel a annoncé la présentation d’un rapport sur cette question avant la fin de l’année. Devant la presse, la commissaire européenne a rappelé qu’il revenait aux autorités nationales d’intervenir en cas d’« abus de position dominante dans le secteur de la vente au détail ».

«Le problème de la disparité croissante entre les prix aux producteurs et aux consommateurs a atteint un point tel qu’il est essentiel que les institutions européennes prennent des mesures décisives » telles que celles proposées par le Parlement européen dans sa résolution du 26 mars dernier voir n° 3197 du 06/04/09, affirme la Pologne dans une note présentée le 25 avril à Bruxelles au Conseil agricole de l’UE.

En Pologne, souligne Varsovie, les prix à la production ont progressé de 16% et les prix au détail de 25% au cours des huit dernières années, « ce qui rend plausible une augmentation des marges au niveau du détaillant », celles-ci ayant même « pratiquement doublé » dans le cas du lait de consommation. Et ce alors que la part de l’alimentation dans les dépenses des ménages polonais (26%) est deux fois plus élevée que la moyenne communautaire.

La sécurité alimentaire « en péril »

Les différences croissantes entre les prix à la production et à la consommation résultent de facteurs structurels, comme la hausse des coûts, mais « elles sont dues principalement aux imperfections du marché », un secteur agricole et de la transformation « fragmenté » étant confronté à un secteur commercial « qui fait usage de son pouvoir sur le marché », souligne la Pologne. Le circuit alimentaire européen « est dominé par de gros détaillants », ajoute-t-elle, précisant que, dans l’UE-15, « le taux de concentration a plus que triplé sur les quinze dernières années et dépasse aujourd’hui les 70% ».

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En dépit de la baisse des prix de l’agriculture, ceux payés par les consommateurs sont « encore élevés ou n’ont pas diminué », note également Varsovie. « De nombreux exploitants ont abandonné la production agricole », ce qui « met en péril la sécurité alimentaire de l’Europe », avertit-elle, ajoutant que « le démantèlement progressif des mesures d’intervention ne favorise pas la stabilité de la production et des revenus agricoles ».

Empêcher les pratiques inéquitables

La Pologne rappelle en conclusion les propositions formulées en mars par le Parlement européen, qui, selon elle, devraient être adoptées par l’UE. Il s’agit notamment des dispositions suivantes : soutenir la concentration de l’offre agricole, établir un système de surveillance du marché communautaire couvrant les prix et les coûts, ou encore instaurer un cadre législatif qui inclurait une révision en profondeur de la directive de 2000 sur les paiements tardifs dans les transactions commerciales et encouragerait les relations équilibrées tout au long de la chaîne alimentaire, en empêchant les pratiques inéquitables et en favorisant une distribution plus juste des profits.