Tout semble se conjuguer pour que la prochaine vendange débouche sur de graves problèmes de commercialisation des vins. On ne pourra pas dire que les difficultés n’ont pas été prévues. De même d’ailleurs que dans le lait. Souvenons-nous : en début 2008, c’était la panique générale chez les transformateurs. On craignait de manquer de lait. Gestion des quotas, politique de prix, incitation à produire, tout a été fait pour faire que la France produise plus de lait. On sait ce qu’il en est advenu. La crise du lait est aussi, pour partie, la conséquence d’anticipations hâtives et de prévisions insuffisantes.
À l’heure où la politique agricole commune va mettre entre parenthèses ses outils de régulation – le budget européen consacré à la France pour cela a baissé de 27% en 2007 puis de 20% en 2008 –, on n’a peut-être pas suffisamment conscience de l’importance des outils de prévisions sur les marchés agricoles. L’anticipation économique est d’autant plus cruciale que l’agriculture est faite surtout de milliers de micro-entreprises. Du coup, des indications de marché déclenchent des comportements qui sont lents à changer. C’est l’effet Titanic : on veut virer de bord mais la réactivité du navire est trop lente pour éviter l’iceberg.
Demain, notre capacité à éviter les crises dépendra largement de la qualité de notre outil de prévision. Ce pourrait être un des rôles majeurs de l’office FranceAgriMer que de développer un tel outil, tant avec des expertises nationales, par secteur, qu’avec des données et des analystes situés dans toutes les régions du monde. Un outil qui pourrait être le pendant, conjoncturel, du centre de prospective que Bruno Le Maire, le ministre de l’Agriculture a annoncé. Ce qui est sûr, c’est que tout ce qui sera investi en amont de cette manière pourra, très certainement, être économisé sur le coût des gestion des crises.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.