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FranceAgriMer Prévisions : baisse de la production nationale de maïs en 2013-2014

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Lors du conseil spécialisé des céréales de FranceAgriMer qui se tenait le 13 novembre à Paris, les spécialistes ont annoncé des estimations de production de maïs en baisse pour la campagne 2013-2014.

Les prévisions de production de maïs pour la campagne 2013-2014 sont attendues à un peu moins de 15,2 millions de tonnes, soulignent les experts de FranceAgriMer, lors du conseil spécialisé des céréales, le 13 novembre. Malgré une nette augmentation des surfaces de maïs par rapport à 2012/2013 (+7%), les estimations de rendement sont en baisse par rapport à la campagne précédente (-8%) et apparaissent largement inférieures à la moyenne quinquennale nationale (84 quintaux contre 92 quintaux à l’hectare). « Cette tendance est encore susceptible d’évoluer », souligne FranceAgriMer. Et pour cause : l’enquête Céré’Obs menée dans neuf régions représentant 70% de la moyenne nationale des surfaces en maïs grain révèle qu’« en semaine 43, la récolte est réalisée à seulement 35% contre 62% en 2012 ». Olivia Le Lamer, responsable de l’unité des grandes cultures de FranceAgriMer, rappelle par exemple que les pluies continues du mois d’octobre ont entraîné des retards de chantier de récolte. « Les sols sont parfois gorgés d’eau. Certains agriculteurs ont déjà eu recours aux chenilles », explique Olivia Le Lamer.
 
Différences régionales
Les retards de récolte sont variables selon les régions. Quand, dans les Pays de la Loire, le retard est de 15 jours, il est de 28 jours en Aquitaine et Midi-Pyrénées. En outre, dans certaines régions productrices, la date tardive des semis a imposé « le recours à des variétés adaptées à un cycle court ». Or, ces variétés ont un potentiel de rendement inférieur aux variétés semées normalement. Par ailleurs, le retard de récolte observé en France est aussi constaté dans les autres régions productrices du monde (Ukraine, États-Unis, Russie). Néanmoins, Olivia Le Lamer rappelle que « depuis quinze jours, il semble y avoir un rattrapage rapide ». Et le rapport de l’USDA (ministère de l’Agriculture des Etats-Unis) du 8 novembre table sur une récolte de maïs record aux Etats-Unis (355 millions de tonnes contre 274 millions de tonnes en 2012) et dans le monde (963 millions de tonnes contre 863 millions de tonnes).
 
Repli du prix mondial
La hausse prévue de la production mondiale de maïs entraîne le prix mondial du maïs à la baisse. Selon un rapport de l’USDA du 12 novembre, le repli se confirme : le boisseau de maïs (environ 25 kg) pour livraison en décembre, s’est établi à 3,2187 euros contre 3,2368, le 11 novembre. Dans ce contexte, « le seuil de déclenchement d’un droit à l’importation supérieur à zéro se rapproche », explique Olivia Le Lamer. Ce droit à l’importation de maïs fixé par le tarif douanier commun à 95 euros la tonne est en faite liée à la conjoncture. Son niveau dépend de la différence entre le prix de référence (ancien prix « d’intervention ») et le prix mondial du maïs. Depuis le 1er septembre 2010, ce droit est nul car le prix mondial du maïs est supérieur au prix de référence. Mais le recul du prix mondial pourrait changer la donne. « Le droit à l’importation pourrait devenir supérieur à zéro », poursuit l’experte. Ce n’est pas exceptionnel, même si « les opérateurs n’y sont plus habitués ». En effet, depuis le 1er septembre 2010, « les modalités de calcul mises en œuvre pour déterminer le niveau du droit aboutissent à un droit nul ». Les experts de FranceAgriMer analysent : « En début de campagne, l’écart de prix était presque de 100 euros la tonne. A ce stade, il n’est plus que d’environ 15 euros la tonne ». Si le prix mondial poursuit son repli, la perspective d’un droit à l’importation supérieur à zéro pourrait se confirmer.

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