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Bilan maïs fourrage 2007 « Prime à la précocité de semis »

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La campagne maïs fourrage 2007 a surtout profité à ceux qui ont semé précocement. Selon les préconisations d’Arvalis, chacun doit se tenir prêt à semer au 10 avril. Dans ce cas, les agriculteurs ont pu récolter, avec de bons rendements, un produit de qualité et même profiter d’un surplus, converti en maïs grain.

«Sur 1,4 million d’hectares semés en maïs fourrage en 2007, seulement 1,3 ont été récoltés. » Bertrand Carpentier, ingénieur R&D maïs fourrage chez Arvalis-institut du végétal, ouvre la conférence annuelle de bilan de récolte en évoquant ces 100 000 ha manquants. Signe d’une bonne année, les éleveurs ont récolté leur maïs au stade plante entière et/ou grain humide, rempli leurs silos, calculé leur stockage pour couvrir leurs besoins sur une, voire deux années, puis récolté les plants restants en grain sec. « Les rendements atteignent une moyenne de 95 q/ha. A 150-200 euros/t, ce sont 140 à 190 millions d’euros de bonus pour ces éleveurs ! »

Choix primordial de la date de semis

Les semis 2007 se sont échelonnés sur trois périodes. Les premiers ont eu lieu dès le 10 avril, avant le dessèchement du sol. « Les conditions d’implantation ont permis une installation rapide et régulière des plantes. Et à la récolte, les rendements et la qualité atteignent de bons niveaux. » Des semis intermédiaires ont été réalisés dans des sols secs, fin avril. Des levées irrégulières les caractérisent. « On a observé jusqu’à trois stades dans une même parcelle avec dix jours de décalage entre chaque. » Les résultats suivent la même voie avec des niveaux de rendement et de qualité hétérogènes. Enfin, certains éleveurs ont semé après le retour des pluies, de début mai, jusqu’à début juin dans certaines régions. Ces semis tardifs ont exposé les maïs à des conditions fraîches et humides et ont retardé l’arrivée à maturité des plantes. « Ces producteurs ont dû récolter avant maturité, à des niveaux de matière sèche parfois inférieurs à 28 %. » Le rendement, le taux de matière sèche et la qualité s’en sont trouvés pénalisés. Ces semis tardifs concernent 80 000 à 100 000 ha, répartis sur les bordures maritimes du nord et de l’ouest de la France. « J’imagine mal ce maïs passer l’hiver. Les éleveurs vont devoir repenser leurs rations. D’autant que ces mêmes régions n’ont pas pu constituer leur stock habituel d’herbe, à cause des pluies qui ont perturbé les chantiers. »

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Semer tôt et savoir reconnaître l’arrivée à maturité

Pour la prochaine campagne, Bertrand Carpentier revient sur l’importance de se tenir prêt à semer dès le 10 avril, sans non plus chercher à forcer les sols. Il insiste, par ailleurs, sur la pénurie de solutions de protection des graines et jeunes plantules pour résister à la pression taupin, « solutions pourtant indissociables de la pratique du semis précoce ». Enfin, pour la prochaine récolte, le producteur doit apprendre à observer son maïs. « Certains éleveurs récoltent systématiquement à la même date, par habitude, ou bien se cantonnent à observer la coloration de la tige et des feuilles. » Le bon réflexe consiste à aller dans les champs et à observer les grains. « Un tiers de laiteux, un tiers de pâteux et un tiers de vitreux, c’est le signe de la maturité. »