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Edito Principe de réalité

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Malgré l'ampleur indéniable du dispositif destiné aux agriculteurs, les mesures d'Etat, annoncées par Xavier Beulin aux manifestants, ont été sifflées à Paris, place de la Nation. Ceux qui sifflaient et huaient leurs dirigeants syndicaux, venant souvent de Bretagne au cours d'un voyage long et fatigant, étaient là pour entendre que les prix du porc ou du lait, ou encore des bovins à viande, remonteraient dans les jours qui viennent. C'était évidemment peine perdue. Aucun Etat, dans nos sociétés à économie libérale et ouverte, ne peut avoir ce pouvoir. Croire que l'on peut décréter une hausse des prix est une illusion. Qui ne peut déboucher que sur beaucoup de désillusions. Ces huées témoignent, certes, de beaucoup d'inquiétudes et de désarroi. Mais elles sont paradoxales quand les mêmes éleveurs, lorsqu'ils sont interrogés, demandent que soit conservé une institution comme le marché au cadran de Plérin.

Ces huées témoignent aussi, malheureusement, du manque d'un minimum de connaissances économiques et sur un monde qui s'ouvre sur d'autres pays.

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Les syndicats, locaux ou nationaux, ont aussi dans leur fonction d'assurer une certaine formation de leurs adhérents. Afin d'éviter qu'ils ne versent dans des demandes, si impossibles à satisfaire, qu'elles ne peuvent déboucher que sur une déception. C'est ce qu'on appelle le principe de réalité. Il ne s'agit pas de se satisfaire de tout, il s'agit d'éviter qu'on ne soit déçu de tout. Les syndicats bretons pourraient bien réfléchir à cette question.