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Prix abusivement bas : première condamnation revendiquée par un viticulteur

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« Une décision inédite » : la justice a condamné le 22 février des négociants à verser 350 000 € à un viticulteur bordelais qui les accusait d’avoir violé la loi Egalim en lui achetant son vin en vrac à un tarif « abusivement bas ». « C’est la première fois qu’un tribunal condamne des acheteurs de produits agricoles pour avoir fait pratiquer des prix d’achat abusivement bas », affirme à l’AFP l’avocat du requérant, Me Louis Lacamp. Rémi Lacombe, un exploitant dans le Médoc, avait vendu près de 8 500 hl aux sociétés Cordier et Maison Ginestet en 2021 et 2022, aux prix de 1 150 € ou 1 200,00 € le tonneau. Soit environ 1 € la bouteille, tarif que le producteur juge très inférieur à ses coûts de revient, oscillant selon lui entre 1 500 € et 2 000,00 € le tonneau. Le tribunal de commerce de Bordeaux a estimé dans sa décision que les deux négociants n’avaient pas laissé M. Lacombe faire de propositions de prix sur les contrats, « ce qui devait constituer le socle de la négociation pré-contractuelle ». Après divers calculs et estimant que le prix juste d’achat par tonneau était de 1 550 €, le tribunal a condamné Cordier à lui verser 202 000 € et Maison Ginestet 152 000 €. C’est une « décision transposable à tous les produits agricoles », estime l’avocat des distributeurs, même s’il concède qu’entreprendre une telle démarche « n’est pas facile car les agriculteurs ont peur des éventuelles représailles de la part des négociants, peur que plus personne ne leur achète leur production ».

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La loi Egalim, adoptée fin 2018, doit assurer aux agriculteurs un revenu qui leur permette de vivre de leur travail. Le 21 février, Gabriel Attal a annoncé sa volonté de présenter d’ici l’été un nouveau texte pour « renforcer le dispositif Egalim ». Puis le 24 février, le président Macron a annoncé des « prix plancher » pour les agriculteurs.

Des prix de vente inférieurs aux coûts de production