Mariann Fischer Boel s’étonne de l’évolution des prix alimentaires. Elle dit ne pas comprendre, par exemple, pourquoi le prix du pain qu’elle achète régulièrement au Danemark se situe à un niveau aussi élevé ou pourquoi le prix du lait est multiplié par cinq en passant de la laiterie au rayon du supermarché. La commissaire européenne à l’agriculture s’est mise volontairement, sur son blog, dans la peau du simple consommateur qui se soucie peu des contraintes des transformateurs et des distributeurs mais qui, informé des fluctuations des cours des produits agricoles, en attend un bénéfice immédiat en cas de baisse. La réalité, comme l’ont montré les travaux d’experts, est cependant beaucoup plus nuancée. La filière agro-alimentaire a tendance à prendre une forme d’assurance sur la fluctuation des prix agricoles en répercutant davantage les hausses que les baisses. Ainsi une hausse des cours des matières premières agricoles sera l’occasion en aval d’une tentative de préservation, voire d’amélioration, des marges à chaque étape de la filière, provoquant la hausse des prix alimentaires. En revanche, la baisse des prix agricoles devra être confirmée sur la durée pour que les industriels et les distributeurs renoncent à un certain niveau de prix de vente, et donc à une certaine marge. On pourra regretter que, sur son blog, Mme Fischer Boel n’évoque pas, en parallèle, les réformes successives de la Pac qui ont conduit à la suppression progressive des outils de régulation de l’offre. Elle aurait pu, par exemple, s’étonner que cette politique apparaisse désormais incapable de faire face à la volatilité des prix agricoles directement soumis aux variations des marchés mondiaux, comme l’ont montré les évolutions des céréales et du lait entre 2007 et la mi-2008.
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