Pour mettre fin à la forte hausse des prix des engrais, des eurodéputés de la commission de l’Agriculture ont invité la Commission européenne à agir promptement en suspendant à titre temporaire ses droits antidumping sur les importations d’engrais azotés. D’autres l’appellent à soutenir financièrement les petites et moyennes exploitations.
Face à l’envolée des prix des engrais corrélée à celle de l’énergie, du gaz en particulier, plusieurs eurodéputés de la commission de l’Agriculture ont appelé le 30 novembre, la Commission européenne à suspendre temporairement les droits antidumping qu’elle impose aux importations d’engrais azotés (urée et nitrate d’ammonium en solution) originaires de Russie, Trinité-et-Tobago et des États-Unis. Selon Anne Sander (Démocrates-chrétiens), « le maintien de ces seules mesures et l’inaction de la Commission européenne coûtent aux agriculteurs entre 45 millions et 91 millions d’euros par mois ». L’exécutif européen, sous la pression aussi du Copa-Cogeca, a finalement décidé de lancer une enquête pour déterminer l’impact de ces droits anti-dumping. Suite à cette initiative, l’eurodéputée française a indiqué qu’elle attendait de la part de la Commission qu’elle « apporte à la fois des éléments de calendrier ainsi que des premières conclusions ».
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Oligopoles et aides directes
De son côté, Thomas Waitz (Verts) s’interroge, eu égard à la faible concurrence sur le marché européen, de l’existence d’un cartel des producteurs d’engrais à l’échelle de l’UE. Sur ce point, il a été surpris de voir « une hausse des prix simultanée pour chacun d’entre eux ». Quant à Zbigniew Kuzmiuk (Conservateurs), il demande d’emblée à Bruxelles, qui d’après lui dispose de tous les outils, d’agir pour mettre fin à ces oligopoles au niveau européen. D’autres, tels que l’eurodéputé Bert-Jan Ruissen (Conservateurs), appellent la Commission européenne « à octroyer une aide directe et unique aux agriculteurs afin de compenser les prix élevés des engrais chimiques ». Selon Daniel Buda (Démocrates-chrétiens), « cette aide pourrait prendre la forme de crédits ou bien via une réduction des droits d’accise sur les importations ».
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Michael Scannell, directeur général adjoint à l’Agriculture à la Commission européenne a expliqué que « cette situation est avant tout liée au prix de l’énergie. Le Conseil européen s’est penché sur cette question au mois d’octobre afin de revoir la dépendance de l’UE au gaz russe. Le Conseil européen continuera à discuter de cet enjeu les 16 et 17 décembre sur la base d’un rapport remis par les ministres de l’énergie de l’UE ». En outre, il a également rappelé que la Commission avait proposé une « boîte à outils » pour faire face plus efficacement à cette situation et à de chocs futurs.