L’interprofession des huiles et protéines végétales Terres Univia a annoncé le 4 juillet l’élaboration d’« une grille interprofessionnelle d’indicateurs » de prix du colza, qui doit voir le jour à la fin de l’année. Il s’agit « d’indicateurs de référence qui permettront aux opérateurs d’apprécier la rémunération du point d’huile et d’en fixer le montant chaque année », selon un communiqué.
Terres Univia dit travailler avec l’ensemble des organisations membres de l’interprofession pour construire une grille « rassemblant les fondamentaux du marché et pouvant être actualisée annuellement ». L’idée est d’« adopter une approche des prix plus juste, transparente sur la valeur et conforme aux réalités du marché », d’après le communiqué.
Cette annonce intervient après que le leader des huiles et protéines végétales Avril a décidé de modifier à partir du 1er juillet ses conditions d’achat du colza, ayant à subir « une concurrence exacerbée » et « des conditions de marché défavorables ». La prime versée par le groupe, jusqu’alors de 1,5 % du prix de base par point d’huile supérieur à 40 %, tombe ainsi à 1,35 % sur 2017-2018.
La grille interprofessionnelle vise quant à elle la récolte 2018. Sa publication doit intervenir « fin 2017 » pour un usage à partir de la campagne 2018-2019, affirme Françoise Labalette, responsable du pôle amont au sein de Terres Univia. L’interprofession planche sur un référentiel de prix s’appuyant sur des données « accessibles et connues de tous », qui ne soit « pas contestables ». Cela peut être les cours du tourteau de colza sur Euronext, par exemple. Autre chantier en cours, la mise au point d’une simulation de la valeur du point d’huile sur l’ensemble de la campagne de vente. Deux éléments composeront donc la grille d’indicateurs de prix, résume Françoise Labalette : « Un historique et une projection ». « On veut donner une méthode de calcul », explique-t-elle.
Des triturateurs en difficulté
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Des modifications réglementaires, des évolutions de la qualité des graines (teneur en huile, matière protéique) et d’équilibres entre offre et demande font que le marché a changé de physionomie, selon le communiqué. Le débat au sein de l’interprofession montre que « les conditions de rémunération actuelles du point d’huile fragilisent plus particulièrement la trituration », indique Terres Univia. Celles-ci apparaissent « figées » quand les équilibres de marché bougent, selon Françoise Labalette. Le triturateur Saipol (Avril) a d’ailleurs voulu l’an dernier impulser un paiement de la graine de colza selon une base 42 % (et non 40 %) de teneur en huile. Une tentative restée vaine, après de longs mois de discussions entre acteurs de la filière.
Côté Fop (producteurs d’oléagineux et de protéagineux), la volonté est de « prendre en compte les difficultés de l’activité de trituration et d’estérification ». « Sans outil, pas de débouché », considère-t-on à la fédération. L’élaboration d’une grille d’indicateurs de prix du colza lui convient : cette démarche doit « s’effectuer dans un cadre interprofessionnel, avec le plus de concertation possible », juge le porte-parole Thibaut Ledermann, supposant qu’« on va se rapprocher de 1,35 % » de prime d’huile comme défini par Saipol. L’Organisation des producteurs de grains (OPG) de la CR se déclare, elle, opposée. « Il est injuste de faire peser les problèmes de rentabilité des industries sur les finances déjà fragiles des agriculteurs », d’après son communiqué. L’OPG veut une répercussion en aval.
Terres Univia adresse pour sa part un message d’unité. En assemblée générale le 27 juin, son président Antoine Henrion a déclaré : « Notre organisation en filière montre que nous devons être unis sur les équilibres économiques et transparents sur le partage de la valeur ajoutée. Les enjeux de la filière colza nous imposent une vision à long terme sur la performance environnementale et sur les équilibres économiques et réglementaires. L’objectif est d’assurer la pérennité de cette production qui génère la première source de protéines et de biodiesel en France et en Europe. »
L’interprofession planche sur un référentiel de prix s’appuyant sur des données « accessibles et connues de tous »