Abonné

Prix du gaz : l’UE planche sur des solutions pour faire baisser la facture

- - 4 min

Sur la base de propositions de la Commission européenne, les ministres de l’Énergie des Vingt-sept avaient rendez-vous le 9 septembre à Bruxelles pour trouver des solutions face à l’envolée des prix du gaz et de l’électricité dans l’UE. Le secteur agroalimentaire est fortement touché. Certaines entreprises ont déjà dû arrêter leur production. Les organisations professionnelles demandent des garanties à l’UE.

Face à l’envolée des prix du gaz et de l’électricité depuis le début de la guerre en Ukraine, la Commission européenne a proposé, le 7 septembre, aux États membres un ensemble de mesures pour limiter la hausse dont un plafonnement du prix payé à la Russie pour ses livraisons de gaz à l’UE. L’objectif est double : administrer les prix dans l’UE pour faire baisser les coûts à la consommation et réduire les revenus de la Russie. Pour Bruxelles, ce dispositif peut fonctionner car le gaz russe acheminé par gazoduc « ne peut pas être facilement redirigé ailleurs ». Mais Moscou menace de cesser ses livraisons en cas de plafonnement. Cette proposition et d’autres (contribution temporaire des grands groupes pétroliers sur leurs bénéfices extraordinaires, réduction de la demande aux heures de pics…) devaient être discutées par les ministres de l’Énergie de l’UE lors d’un conseil extraordinaire organisé le 9 septembre à Bruxelles.

Un secteur agroalimentaire déjà très touché

Dans une déclaration commune du 8 septembre, les organisations professionnelles de la chaîne agroalimentaire de l’UE – Copa-Cogeca (producteurs), PFP (transformateurs primaires d’aliments) et FoodDrinkEurope (industrie agroalimentaire) – témoignent de leurs difficultés actuelles pour maintenir leur activité face à l’augmentation du coût des intrants (gaz naturel mais aussi électricité, engrais, carburant, emballages et main-d’œuvre). « Les dernières hausses des prix de l’énergie, en particulier du gaz naturel et de l’électricité, menacent la continuité des cycles de production agroalimentaire et, partant, la capacité de continuer à fournir des produits agricoles essentiels, des ingrédients et des produits alimentaires, ainsi que des matières premières pour l’alimentation animale », préviennent-elles. Certaines entreprises sont déjà confrontées au choix d’arrêter la production, de licencier du personnel ou de faire faillite. Le Fediol (industrie des oléagineux) fait état d’augmentations de prix jusqu’à douze fois supérieures à celles d’avant la guerre alors que « les principales régions non européennes qui transforment des graines oléagineuses ont vu leurs coûts énergétiques "seulement" doubler ».

La Commission européenne avait présenté en juillet un plan de réduction de 15 % de la demande de gaz de l’UE du 1er août 2022 au 31 mars 2023 dans lequel le secteur agroalimentaire est déjà reconnu comme prioritaire quant à l’accès au gaz.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

électricité
Suivi
Suivre

Lire aussi : Approvisionnement en gaz : l’agroalimentaire prioritaire dans le plan de Bruxelles

Mais le secteur demande plus de garanties sur l’accès à l’énergie et de prix stables. Les trois organisations estiment que la Commission européenne doit aider les États membres à intervenir pour faire baisser les prix de l’énergie et accroître la liquidité des marchés de l’énergie, diversifier l’approvisionnement énergétique, stimuler la production d’énergie durable et soutenir la compétitivité des opérateurs.

Il est également, selon elles, nécessaire de réviser, une nouvelle fois le cadre temporaire de crise mis en place depuis la crise liée à la pandémie de Covid-19 « afin de garantir qu’il puisse être utilisé par les États membres et les entreprises ».