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Négociations commerciales Prix du lait : « bon espoir » du médiateur pour un accord

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Francis Amand, le médiateur des relations commerciales, avait « bon espoir d’arriver à un accord » vendredi 26 avril pour une hausse du prix du lait payé aux producteurs. « Il y a des modalités équilibrées pour le financement entre industriels et distributeurs d’une hausse du prix du lait », développe-t-il. Tout au long de la semaine dernière, il a rencontré les différentes parties en bilatéral pour les convaincre d’être raisonnables. « Je n’ai pas de pouvoir coercitif, seulement ma force de persuasion », avait-il expliqué.

Selon nos informations, le dernier dispositif, envisagé le 25 avril, porterait sur une hausse de 25 euros les 1 000 litres de lait payés aux producteurs par les industriels, dès le règlement de la collecte d’avril et tant que les prix n’auront pas rattrapé ce niveau. Les distributeurs accepteraient une hausse des prix payés aux industriels de 3 centimes le litre de lait de consommation et de 2 centimes le litre de lait intégré aux produits transformés, en fonction de coefficients techniques de transformation. Cette hausse ferait l’objet d’une mention distincte en pied de facture. En contrepartie, les producteurs s’engageraient à ne pas perturber l’activité des distributeurs et des industriels pendant la durée de l’accord, qui porterait jusqu’à fin 2013.
« Je ne vois pas comment les choses pourraient revenir en arrière après tout ce qui s’est dit à la table ronde du 8 avril », commentait Thierry Roquefeuille, le président de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) « Ce serait vraiment qu’on n’est pas capable, dans ce pays, de voir les réalités économiques ». Pour lui, « la hausse paraît cohérente en attendant une remontée des cours en 2013. Après il faudra aller encore plus loin, notamment avec la refonte de la LME ».
Les enseignes de la grande distribution auraient demandé à siéger dans l’interprofession laitière. Thierry Roquefeuille, qui en est également président, est sceptique : « Ils gèrent beaucoup d’autres choses que le lait. Je suis pour qu’on ait une relation plus serrée, mais je ne suis pas convaincu que ça change les choses si on bouleverse l’interprofession. Dans la viande, les distributeurs sont dans l’interprofession et ça ne règle pas les problèmes de prix ».

Une hausse pas suffisante

Pour la Confédération paysanne, Gérard Durand pense qu’un prix du lait « en dessous de 350 euros les mille litres n’est pas suffisant avec la flambée des cours des matières premières ». Mais avec des trésoreries dans le rouge, « malheureusement, on prendra ce qui viendra », concède l’éleveur. « Ça fait des mois qu’on nous dit que les cours mondiaux du lait flambent et on ne voit venir aucune hausse », peste t-il.
De son côté, la Coordination rurale estime que ces négociations ne répondront pas aux attentes des éleveurs : « L’augmentation de 3 centimes par litre de lait annoncée ne constitue qu’une gesticulation politique qui ne résoudra pas le problème récurrent du prix du lait », analyse le syndicat, qui demande que les prix agricoles soient indexés aux coûts de production, avec une rémunération minimale.

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