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Prix du lait : rien n'est réglé

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Après l'échec des négociations sur le lait, le 22 janvier, les producteurs menacent de « perturber le fonctionnement » des entreprises. Les transformateurs, qui ont proposé une baisse de 18 euros pour 1 000 litres de lait, arguent de la nécessité de maintenir leur compétitivité face à leurs concurrents européens.

Producteurs et transformateurs laitiers ne sont pas parvenus à s'entendre le 22 janvier lors de leurs négociations sur le prix du lait. Les seconds, qui privilégient la recherche d'un accord interprofessionnel national, ont proposé une baisse de 18 euros pour 1 000 litres, soit une diminution de 6 % par rapport au prix actuel. Compte tenu de ce qu'une compensation partielle de 12 euros serait apportée aux producteurs par l'Union européenne, la baisse nette atteindrait 2 % en 2004, font-ils remarquer.

Etre “d’équerre” avec les concurrents européens

Quelle que soit la porte par laquelle on entre dans ce problème économique, on aboutit à ce chiffre de 18 euros, indispensable pour que les entreprises se trouvent “d’équerre” par rapport aux marges négatives constatées aujourd'hui et par rapport à la concurrence européenne, souligne-t-on. Alors que les prix des produits industriels stagnent à un niveau historiquement bas, en 2003, pour le seul couple beurre-poudre basique, la perte est estimée à 40 euros pour 1 000 litres transformés, soulignent la FNCL et la Fnil. Ces pertes affectent l'ensemble des entreprises, y compris les spécialistes des produits de grande consommation, dont les fabrications s'accompagnent de co-produits. S'ajoute enfin à cela, que pour la première fois, en 2003, tous les marchés de grande consommation, hormis les produits frais, ont été orientés à la baisse en volume.

Confrontés de même à la dégradation des marchés, les principaux concurrents européens appliquent des prix du lait inférieurs à ceux qui sont pratiqués en France, l'écart pouvant aller jusqu'à 10 euros pour 1 000 litres entre le prix moyen français et les prix allemands, néerlandais et belges. Ces pays absorbent plus facilement la baisse des prix, car ils ont rationalisé leur outil de production et ont des références plus importantes, remarque un professionnel qui appelle à réfléchir à la restructuration du secteur en France.

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Anticiper les effets de la réforme de la Pac

Du côté de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), on estime qu' « après deux années de baisse du prix du lait payé aux producteurs, les transformateurs sont entrés d'emblée dans la négociation avec des propositions qui consistent à anticiper les effets présumés de la réforme de la Pac ». De fait, les transformateurs soulignent, de leur côté, que « les prix d'intervention du beurre et de la poudre, qui vont baisser à partir du 1er juillet 2004, entraîneront avec eux, encore plus bas, les prix de marché des produits industriels », d'où du reste le principe de compensation partielle adopté par la Commission pour les producteurs.

Pour l'heure, les producteurs annoncent des actions destinées à « perturber le fonctionnement des entreprises laitières ». Ils espèrent ainsi amener la Fédération nationale de l'industrie laitière (Fnil) et la Fédération nationale de la coopération laitière (FNCL) à revenir à la table des négociations pour fixer le « prix du lait pour les six premiers mois de 2004 selon les termes de l'accord de 1997 ». Si cet accord continuait d'être appliqué, la baisse du prix du lait atteindrait 3,32 euros pour 1 000 litres au premier trimestre 2004, en vertu d'un effet de lissage, qui n'a plus de sens aux yeux des transformateurs.

L'écart avec les concurrents européens peut aller jusqu'à 10 euros pour 1 000 litres